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Alimenter l’IA : les contraintes énergétiques stimulent l’investissement
Dominic Phillips
Analyste de placements en actions
Mila Yankova
Responsable de placements en actions

S’il y a bien un élément qui sous-tend le développement de l’intelligence artificielle et la réindustrialisation des États-Unis, c’est bien l’énergie électrique.


La demande en électricité aux États-Unis devrait exploser au cours de la prochaine décennie, sous l’effet de l’expansion rapide des centres de données d’intelligence artificielle, des nouvelles installations de fabrication et des réseaux de véhicules électriques. Prenons l’exemple des centres de données, qui représentent environ 4 % de la consommation d’électricité aux États-Unis et qui, selon les estimations, pourraient atteindre 9 % à 14 % d’ici à 2030.


Dans l’ensemble, il s’agit d’un changement fondamental pour le secteur de l’électricité, qui a connu une décennie de stagnation de la consommation. Les fournisseurs d’électricité se transforment en facilitateurs essentiels de la croissance, tandis que les géants de la technologie et d’autres acteurs se livrent à une course pour se procurer davantage d’énergie. 


Les marchés américains de l’électricité connaîtront une accélération de la demande et feront face à des contraintes structurelles limitant l’offre. Cette situation offrira un large éventail d’occasions d’investissement potentielles. 


Relever le défi des besoins énergétiques des centres de données  

Le graphique à double barres présente la demande en énergie des centres de données aux États-Unis, exprimée en gigawatts, entre 2025 et 2030. La charge de travail non liée à l’IA est représentée en bleu et affiche une croissance moins rapide que celle liée à l’IA, représentée en bleu foncé, qui augmente considérablement chaque année. Une flèche pointe vers le haut du graphique au-dessus des barres, avec un texte au-dessus de la flèche indiquant une « augmentation de 255 % pour la charge de travail liée à l’IA ». Le pourcentage de cette augmentation est calculé à partir de la projection de 44 gigawatts en 2025, pour atteindre 156 gigawatts en 2030.

Sources : Statista, McKinsey, Gartner, IDC, documents déposés par Nvidia. Données d’avril 2025. 

Des contraintes en matière d’électricité sont à prévoir jusqu’en 2030


Les politiques américaines contribuent à l’augmentation de la demande en électricité, mettant l’accent sur les investissements nationaux, allant des semi-conducteurs aux installations de fabrication de produits pharmaceutiques. Par exemple, plus de 3 000 G$ US d’investissements sont prévus aux États-Unis pour de nouvelles capacités.


La dernière fois que les États-Unis ont connu des investissements massifs dans le secteur de l’électricité, c’était à la fin des années 1990 et au début des années 2000, ce qui a entraîné une surconstruction de centrales au gaz sur les marchés nouvellement déréglementés. 


L’éclatement de la bulle Internet, les perspectives de demande excessives et l’effondrement des prix du gaz naturel ont contribué à plonger le marché dans une situation d’offre excédentaire, déclenchant une vague de faillites et d’actifs délaissés. Aujourd’hui, peu d’indices laissent entrevoir un tel excès ou une expansion spéculative de cette ampleur.


Dans ce contexte, plusieurs contraintes structurelles devraient maintenir la production d’électricité sous tension au moins jusqu’en 2030 :
 

  • Retards d’équipement : les clients attendent des équipements tels que des composantes électriques et des turbines à gaz provenant d’entreprises comme GE Vernova, Siemens Energy et Mitsubishi. Dans certains cas, la construction et l’expédition des turbines peuvent prendre jusqu’à cinq ans. 
  • Goulets d’étranglement du réseau : délai potentiel de cinq à sept ans pour raccorder de nouvelles capacités de production au réseau électrique. 
  • Obstacles réglementaires : les difficultés liées à l’obtention des permis ralentissent la construction de centrales à combustibles fossiles et à énergies renouvelables, une situation aggravée par la résistance du gouvernement fédéral à l’égard des projets d’énergies renouvelables à grande échelle.
  • Retrait du charbon : il n’y a pas eu de nouveaux ajouts nets de capacités au charbon aux États-Unis depuis 2014, et une part importante de ces capacités pourrait encore être mise hors service avant la fin de la décennie.

Ce déséquilibre est déjà en train de remodeler le marché. De plus, les exploitants de centres de données concluent des contrats à long terme avec des producteurs nucléaires afin de s’assurer une alimentation de base sans carbone. À mesure que la capacité nucléaire s’épuise, il faut s’attendre à des accords similaires avec les producteurs de combustibles fossiles, en particulier ceux qui disposent d’actifs de base fiables. 


Occasions d’investissement dans les services collectifs, l’industrie et les matériaux 


Pour les investisseurs, des secteurs tels que les services collectifs, l’industrie et les matériaux sont à l’avant-garde d’une nouvelle vague d’investissements dans les infrastructures aux États-Unis, avec des occasions à saisir parmi les petites et moyennes entreprises.


Les bénéficiaires pourraient inclure des producteurs d’électricité indépendants tels que Vistra et NRG Energy, qui exercent leurs activités sur des marchés de l’électricité comme l’Electric Reliability Council of Texas (ERCOT) et l’opérateur de réseau régional PJM, où la demande est en plein essor. NRG, par exemple, a été le principal contributeur à la croissance des bénéfices en glissement annuel pour le secteur des services collectifs américains au cours du troisième trimestre, tandis que le groupe dans son ensemble a affiché le deuxième taux de croissance des bénéfices le plus élevé de tous les secteurs du S&P 500, soit 23,8 %, d’après FactSet.


Les entreprises de services collectifs connaissent des taux de croissance des bénéfices plus élevés et des besoins accrus en matière d’investissements en capital. Les services collectifs réglementés augmentent généralement leurs bénéfices de 5 % à 7 %, mais certains prévoient désormais une croissance de 7 % à 9 %, voire plus. Bien que cela nécessite une augmentation significative des investissements en capital, elles peuvent financer leur expansion en tirant parti de leurs monopoles statutaires pour émettre de la dette et des actions. Les entreprises de services collectifs non réglementées, quant à elles, enregistrent des taux de croissance encore plus élevés en raison de l’inflation des prix de l’électricité et de l’ampleur de la demande.


Les entreprises de services collectifs réglementées, dont Entergy et Southern Company, réalisent d’importants investissements nécessaires en vue de moderniser et d’étendre l’infrastructure du réseau pour répondre à la demande des centres de données, ce qui pourrait stimuler la croissance des bénéfices. Entergy, par exemple, construit de nouvelles centrales électriques au gaz et étend l’infrastructure de transmission dans le cadre d’un accord avec Meta pour un centre de données d’IA à grande échelle en Louisiane. 


Les entreprises qui produisent des équipements de production d’énergie et des systèmes de gestion des ressources énergétiques, notamment Schneider Electric et Hitachi, font également partie intégrante du boom actuel de l’énergie.


L’infrastructure numérique est une aubaine pour l’électricité 

Le graphique à barres présente la demande mondiale historique en électricité en 2010 et 2023, représentée par des barres bleues, avec un fond grisé. Les deux barres restantes en 2030 et 2050 sont des estimations. Dans l’ensemble, la consommation d’électricité devrait continuer d’augmenter, pour atteindre 64 000 térawattheures en 2050, contre un total historique récent de 25 000 térawattheures en 2023.

Sources : Statista, McKinsey, Agence internationale de l’énergie, Agence internationale pour les énergies renouvelables. Données de septembre 2024. 

Au-delà du secteur de l’électricité, certains métaux deviennent essentiels pour répondre aux besoins croissants en matière d’électrification. La demande en cuivre augmente car les centres de données ont besoin d’une plus grande quantité de ce métal pour des éléments tels que les systèmes de refroidissement, le câblage et la connectivité. Les pièces des véhicules électriques et les stations de recharge ont également besoin de cuivre. Selon Bloomberg New Energy Finance, le métal pourrait connaître une pénurie de 6 millions de tonnes d’ici 2035. Des géants miniers tels que BHP et Freeport figurent parmi les principaux producteurs mondiaux de cuivre.


Des géants industriels tels que Caterpillar participent également au boom actuel des centres de données en fournissant des moteurs, des turbines et des générateurs. Les ventes de Caterpillar liées à la production d’électricité ont augmenté de 31 % en glissement annuel au troisième trimestre. Les petites entreprises ont également fait état d’une augmentation de leur carnet de commandes. Il s’agit d’entreprises allant des services d’ingénierie à &la construction, en passant par les fournisseurs de systèmes d’alimentation à haute densité et d’équipements de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC). 


En résumé 


L’énergie est en train de devenir un moteur essentiel de la croissance à partir de ce qui était autrefois un segment de l’économie situé dans les coulisses. Portés par de multiples moteurs de la demande en électricité, les États-Unis devraient connaître une hausse des investissements dans l’infrastructure électrique, une utilisation accrue du parc de production et l’émergence de nouvelles technologies. Nous nous attendons à ce que ces dynamiques offrent une diversité d’occasions d’investissement. 



Dominic Phillips est analyste de placements en actions. Il possède 16 ans d’expérience dans le secteur des placements (au 31 décembre 2025). Il détient une MBA de Harvard et une baccalauréat de Georgetown.

Mila Yankova est responsable de placements en actions. Elle possède 21 ans d’expérience dans le secteur des placements (au 31 décembre 2025). Elle détient un baccalauréat en économie de l’Université de Chicago. Elle détient également le titre d’analyste financière agréée (CFA®).


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L’indice S&P 500 Secteur des services collectifs comprend les entreprises incluses dans le S&P 500 qui sont classées comme membres du secteur de services collectifs selon le système de classification du Global Industry Classification Standard (GICS®). 

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