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Allocation d’actifs Cours de l’or : opportunité ou mirage ?

Traditionnellement utilisé comme « réserve de richesse », l’or enchaîne les records successifs depuis trois ans et semble retrouver les faveurs des investisseurs. Quels sont les facteurs à l’origine de son ascension récente, en particulier dans un contexte où les marchés actions et obligations affichent eux aussi de solides performances ?

 

Avant d’aborder la question des facteurs de soutien de l’or, il est intéressant de noter que son ascension récente n’est pas linéaire : les cours de l’or ont en effet marqué une pause au début de la guerre en Iran, freinés dans leur progression par les craintes que la flambée des cours pétroliers ravive l’inflation et fasse remonter les taux d’intérêt. Or, quand les taux d’intérêt sont orientés à la hausse, l’or a tendance à baisser. Mais avec la conclusion récente d’un accord de cessez-le-feu au Moyen-Orient, le métal jaune s’est stabilisé dans une fourchette comprise entre 4 600 et 4 700 USD l’once. Ce niveau est inférieur au record historique d’environ 5 300 USD enregistré en janvier 2026, mais très supérieur aux quelque 1 800 USD où il se trouvait en 2022, au début de sa phase actuelle de progression.

 

L’évolution future des cours de l’or fait (à nouveau) l’objet d’intenses débats. Le pic de janvier dernier restera-t-il historique, ou sera-t-il à nouveau dépassé ? Et, à plus long terme, quel rôle l’or pourrait-il jouer dans un portefeuille d’investissement ? Trois gérants de portefeuille de Capital Group tentent de répondre à ces questions dans les lignes qui suivent.

Évolution des cours de l’or au fil des décennies

Sources : Capital Group, Bloomberg. Au 31 mars 2026. Dates d’événement alignées sur le cours de marché observable le plus proche de la fin de trimestre. Cours fournis sur une échelle logarithmique.

Les cours de l’or pourraient encore progresser


Paul Benjamin, gérant de portefeuille équilibré

 

D’après mon analyse, les cours de l’or pourraient continuer à évoluer à la hausse, mais tout dépendra du niveau des taux d’intérêt réels et des résultats réels corrigés de l’inflation sur les marchés actions et obligations. Les taux d’intérêt réels sont très faibles depuis la crise financière de 2008, comme on peut l’observer en mesurant l’inflation à partir d’un panier fixe de biens et services. En l’occurrence, c’est un type d’environnement dans lequel l’or a tendance à plutôt bien se porter.

 

En outre, après le gel des avoirs russes en 2022, qui a incité les banques centrales d’autres pays émergents à accélérer leurs achats d’or, on entend de plus en plus parler du « debasement trade » depuis fin 2025. Cette stratégie, qui consiste à acheter des actifs – notamment de l’or – pour se protéger contre la perte de valeur des grandes monnaies, gagne en effet de l’ampleur du fait des craintes concernant la situation budgétaire de nombreux pays occidentaux. Plus précisément, les investisseurs s’inquiètent du risque de perte d’indépendance des banques centrales et du fait que les États pourraient être tentés de laisser filer l’inflation pour réduire leur dette. À mon sens, l’accélération récente des cours de l’or tient essentiellement à la convergence de ces grands facteurs.

 

L’or peut jouer un rôle important pour les investisseurs, en particulier dans les portefeuilles équilibrés. Je le considère en effet comme un bon moyen de diversification. Chez Capital Group, nous n’achetons pas d’or physique ni d’ETF sur l’or. Je préfère investir dans des sociétés en rapport avec l’or qui, à l’instar de Wheaton Precious Metals, de Royal Gold ou de Franco Nevada, créent de la valeur et sont capables de générer une performance supérieure à celle du métal lui-même. Il ne s’agit pas de compagnies minières, mais de sociétés financières qui accordent des prêts aux exploitants de mines en échange d’une partie de leur production. Et leur performance est réelle : le bénéfice par action de ces trois entreprises a augmenté de 600 à 900 points de base (pb) plus vite que les cours de l’or. Ce faisant, elles ont fait exactement ce que j’attends d’elles : apporter une couverture au sens classique du terme, tout en contribuant de manière significative à l’appréciation du capital.

 

Les banques centrales y sont aussi pour quelque chose dans la hausse récente de l’or


Lisa Thompson, gérante de portefeuille actions

 

Les banques centrales sont plutôt insensibles aux prix de l’or dans le sens où elles en achètent pour surperformer un indice, et non pour diversifier leurs réserves. En cela, elles sont davantage guidées par la gestion des risques et de la liquidité. Dans ces conditions, le prix n’a pas vraiment d’importance quand elles ajustent leur stratégie d’allocation d’actifs. Et d’après mon analyse, ce facteur a été déterminant pour l’évolution des cours de l’or ces trois dernières années. La banque centrale de Russie a été la première à acheter de l’or en quantités importantes en 2022, mais sa stratégie a depuis été reproduite par ses homologues de nombreux autres pays émergents, en particulier la banque centrale de Chine. Et désormais, d’autres pays, comme la Pologne, commencent à diversifier leurs réserves en achetant également de l’or pour réduire celles en dollar US.

Les achats d’or par les banques centrales ont fortement augmenté depuis 2022

Sources : Capital Group, World Gold Council, Fonds monétaire international, banques centrales concernées. 1 tonne = 1 000 kilogrammes. Données (si disponibles) au 31 décembre 2025.

Les motivations derrière ce type de stratégie sont difficiles à déceler, mais à l’évidence, le monde est en train de changer, et les banquiers centraux peuvent craindre une perte de stabilité de la monnaie fiduciaire, s’ajuster à l’évolution vers un monde multipolaire, ou encore agir en anticipation des retombées possibles de l’actualité géopolitique. D’ailleurs, les banques centrales ne se délestent pas forcément de leurs actifs existants (comme les bons du Trésor américain), mais diversifient plutôt leurs réserves en achetant de l’or. Et les volumes achetés varient d’un pays à l’autre. La demande d’or est donc portée aujourd’hui par un facteur très différent de celui auquel nous étions habitués ces trente dernières années.

 

Ce changement de stratégie est-il définitif ? C’est peu probable. Mais pour l’heure, l’or est soutenu par une demande structurelle, laquelle maintient ses cours à des niveaux élevés. Et si les cours fluctuent fortement à court terme, les paramètres qui déterminent le niveau des prix de l’or ne sont plus du tout les mêmes qu’auparavant.

 

L’évolution des cours de l’or pourrait décevoir

 

Rob Lovelace, gérant de portefeuille actions

 

Sur le long terme, l’or ne produit pas de valeur : c’est « juste » une matière première qui sert principalement de réserve de richesse. Si, ces dernières années, les banques centrales sont devenues les principaux acheteurs d’or, il faut rappeler qu’auparavant, elles avaient plutôt tendance à vendre leurs réserves de cet actif qu’elles jugeaient alors inefficace, puisque non productif d’intérêts. Dans les faits, d’ailleurs, l’or physique occasionne plutôt un coût, parce qu’il doit être conservé sous haute surveillance dans des structures ad hoc. En réalité, il génère donc un revenu négatif, qui augmente d’ailleurs proportionnellement avec les volumes détenus.

La performance des actions américaines dépasse largement celle des métaux précieux sur le long terme

Sources : Capital Group, Intercontinental Exchange, London Bullion Market Association (LBMA), LSEG Workspace, Standard & Poor’s. Rendement total de l’indice S&P 500 (dividendes réinvestis). Cours en USD fourni par LBMA par once d’or et d’argent. Données du 31 janvier 1986 au 31 mars 2026.

Il y a quelques années, donc, les banques centrales s’intéressaient davantage aux instruments produisant un intérêt, alors que le dollar US était considéré comme une monnaie sûre et stable. Mais depuis 2022, l’érosion de la confiance dans le dollar US a poussé les banques centrales à augmenter leurs achats d’or. D’après moi, l’ascension actuelle des prix de l’or résulte donc essentiellement de la décision d’allocation d’actifs prise par de nombreuses banques centrales non américaines de détenir moins de dollars et plus d’or. Quand ces institutions estimeront avoir tout l’or dont elles ont besoin, elles réduiront leurs achats. Et puisque l’extraction minière se poursuit et engendre l’arrivée d’un flux constant d’or physique sur les marchés, à un rythme d’environ 1 % ou 2 % du volume total par an, il y a des chances que les cours repartent à la baisse si les achats diminuent.

 

Personnellement, je n’ai jamais inclus d’or physique dans mes portefeuilles, et j’ai rarement recours aux instruments aurifères. Mais comme je reste conscient du rôle historiquement important joué par l’or – en tant que réserve de richesse, monnaie et moyen de couverture contre l’inflation –, je le considère comme un actif de dernier recours : autrement dit, si tous les autres instruments s’effondrent, il sera toujours possible de s’y réfugier.

Paul Benjamin est gérant de portefeuille actions et possède 20 ans d’expérience dans le secteur de l’investissement. Il est titulaire d’un MBA de Stanford et d’une licence en finance et en théologie de Northwestern College.

Lisa Thompson est gérante de portefeuille actions et possède 38 ans d’expérience dans le secteur de l’investissement. Elle est titulaire d’une licence de mathématiques de l’université de Pennsylvanie, ainsi que de la certification CFA® (Chartered Financial Analyst).

Rob Lovelace est gérant de portefeuille actions et Chair de Capital International, Inc. Il possède 40 ans d’expérience dans le secteur de l’investissement. Il est titulaire d’une licence d’économie des minéraux de Princeton University, ainsi que de la certification CFA® (Chartered Financial Analyst).

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