Marchés et économie
Le conflit en Iran a accru l’incertitude entourant l’économie mondiale. En effet, il ravive les craintes que la flambée des prix du pétrole alimente l’inflation, freine les dépenses de consommation et nuise à la croissance économique.
Les prix du Brent et du West Texas Intermediate ont fluctué ces derniers jours. Le Brent a d’abord atteint un sommet de près de 120 $ US le baril en raison de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, pour ensuite retomber rapidement et passer sous la barre des 100 $ US. Le 11 mars, il s’élevait à 91,98 $ US le baril, soit approximativement 26 % de plus que le niveau où il se situait avant les frappes américaines en Iran.
Environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole transite par le détroit d’Ormuz, près de l’Iran. Toute perturbation dans cette zone se répercute donc rapidement sur les prix des carburants. Même chez l’oncle Sam, premier producteur mondial de pétrole, le prix de l’essence à la pompe a bondi de 20 % depuis que les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran le 28 février.
« Les consommateurs réagissent vite à la hausse des prix de l’énergie, souvent en puisant dans leurs économies et en réduisant leur consommation d’essence », explique Jared Franz, économiste couvrant les États-Unis. Selon lui, si le prix de l’or noir se maintient autour de 85 $ US le baril en 2026, leur pouvoir d’achat pourrait baisser de quelque 0,6 %.
« Les consommateurs risquent donc d’écoper. Par ailleurs, le produit intérieur brut (PIB) américain pourrait poursuivre sa croissance et atteindre 2,8 % cette année, tandis que le taux de chômage demeurerait stable, entre 4 et 4,5 % », ajoute M. Franz. « L’économie mondiale pourrait aussi faire preuve de résilience et progresser de près de 2,8 %. Toutefois, une prolongation du conflit risque de compromettre ce scénario de base. »
Les chocs pétroliers sont fréquents depuis les années 1990
Sources : Capital Group et Bloomberg. Les données reflètent les prix de règlement quotidiens entre le 1er janvier 1990 et le 10 mars 2026. Les dates correspondent au prix observé le jour le plus proche de chaque événement. Si un événement survient un jour où le marché est fermé, la date de référence retenue est celle du jour ouvrable précédent.
Combien de temps durera la guerre?
Selon l’économiste politique Talha Khan, tout dépendra de l’évolution de deux scénarios temporels concurrents. Le premier, d’ordre opérationnel, concerne la durée possible d’une telle action militaire. Le second a une dimension politique et a trait à la période au cours de laquelle les gouvernements sont prêts à tolérer ou à encaisser une escalade.
Premier scénario temporel : les opérations militaires pourraient se prolonger
La durée du conflit dépendrait dans ce cas de la capacité militaire, notamment des stocks de missiles et de la résilience logistique. À cet égard, « tout porte à croire que les deux camps se sont préparés à une longue guerre », explique M. Khan.
La stratégie iranienne repose davantage sur un épuisement progressif que sur un choc immédiat. Quant à l’offensive israélo-américaine, elle comporte plusieurs phases visant à affaiblir les capacités de l’adversaire et ne comprend pas un assaut punitif de courte durée.
« Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran sont entrées dans une phase d’usure marquée par des combats prolongés plutôt que par une résolution rapide »,
ajoute M. Khan. « Elles ont donné lieu à de nombreux succès opérationnels sans pour autant se traduire par une réussite stratégique. »
Deuxième scénario temporel : les États-Unis disposent de peu de temps sur le plan politique
La situation politique varie considérablement d’un pays à l’autre. Selon M. Khan, l’Iran semble pouvoir supporter davantage la pression, même s’il est plus faible du point de vue opérationnel. « Le régime considère ce conflit comme une question de survie. Autrement dit, une capitulation dont les conditions seraient dictées par ses ennemis saperait ses fondements idéologiques et ses objectifs stratégiques à long terme. »
Les États-Unis disposent probablement d’une marge de manœuvre politique nettement moindre, le président Trump s’étant toujours montré peu enclin à s’engager dans des guerres de longue durée. « La politique intérieure, la sensibilité des marchés, les enjeux budgétaires et les autres engagements internationaux vont à l’encontre d’une escalade interminable. »
« Les États du Golfe, quant à eux, affichent le seuil de tolérance le plus faible. Ils n’ont pas causé cette guerre, mais ils sont directement exposés aux risques liés aux infrastructures énergétiques, aux voies navigables et aux marchés financiers. »
« Ainsi, même si les opérations militaires se poursuivent, les responsables des décisions politiques pourraient vite perdre patience. Or, quand il y a divergence entre le politique et le militaire, le risque d’erreur de calcul ou d’escalade soudaine s’accroît généralement, ce qui exacerbe l’incertitude économique », ajoute M. Khan.
Les marchés boursiers américains rebondissent souvent après des perturbations géopolitiques liées au pétrole
Sources : Capital Group, Bloomberg et Standard & Poor's. Événements géopolitiques particuliers ayant eu une incidence sur les rendements moyens : première guerre du Golfe (août 1990), deuxième guerre du Golfe (mars 2003), perturbations de l’approvisionnement dans le delta du Niger (février 2006), printemps arabe et guerre civile en Libye (février 2011), risque de fermeture du détroit d’Ormuz et sanctions contre l’Iran (décembre 2011), attaque de drones contre des installations pétrolières saoudiennes (septembre 2019), invasion de l’Ukraine par la Russie (février 2022). Les dates correspondent au prix observé le jour de bourse (« JDB ») le plus proche. Si un choc survient un jour où la bourse est fermée, la date de début est celle du jour ouvrable précédent. Les rendements assortis d’un horizon temporel sont calculés à partir du premier jour ouvrable disponible pendant ou après l’horizon indiqué (par exemple, « JDB + 2 jours »). Les résultats passés ne sont pas garants des résultats futurs. Les données reflètent les rendements totaux en dollars américains. Au 10 mars 2026.
Risques d’une guerre prolongée
Plus la guerre traînera en longueur, plus les coûts augmenteront. « Le détroit d’Ormuz constitue un point de passage stratégique important non seulement pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié, mais aussi pour les produits pétrochimiques entrant dans la chaîne d’approvisionnement des engrais, ainsi que pour le transport maritime, les produits chimiques, l’exploitation minière et la fabrication. De plus, des villes de la région comme Dubaï et Doha constituent des plaques tournantes mondiales pour les flux de capitaux, le transport aérien et le fret commercial.»
Une aggravation du conflit aurait pour effet de déclencher un mouvement d’aversion au risque, les investisseurs se tournant vers des valeurs refuges. Ainsi, le prix du pétrole augmenterait, les marchés boursiers battraient en retraite, le dollar américain se raffermirait, les écarts de crédit s’élargiraient et les obligations souveraines s’envoleraient. « Si le prix du pétrole venait à augmenter suffisamment pour freiner considérablement la demande, on pourrait assister à une stagflation, caractérisée par une hausse de l’inflation à court terme suivie d’un ralentissement de la croissance», poursuit M. Khan.
Au Canada, la hausse du prix du pétrole a une incidence économique à la fois positive et négative. D’un côté, on s’attend à ce que l’inflation monte. L’indice global des prix à la consommation pourrait alors passer de 2,3 % en janvier à un niveau potentiellement plus proche de 3,0 %. Cette augmentation donnerait à la Banque du Canada une raison supplémentaire de maintenir son taux directeur à 2,25 % et l’inciterait peut-être même à le relever. En revanche, le Canada est un important exportateur de pétrole et la hausse du prix du brut contribue à raffermir le huard par rapport à plusieurs devises, y compris le billet vert. La balance commerciale du Canada avec les États-Unis pourrait alors s’améliorer, ce qui pourrait jouer en faveur des négociations sur l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique qui ont commencé.
L’Europe figure parmi les économies avancées les plus vulnérables, car elle demeure structurellement dépendante des importations d’énergie. Une hausse soutenue du prix du pétrole ferait grimper l’inflation globale relativement vite et compliquerait l’orientation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, en particulier si la croissance reste faible. Le Japon est également extrêmement fragile en raison de sa dépendance à l’égard des importations d’énergie et de l’importance des taux de change.
« Aux États-Unis, un baril de pétrole à 120 $ US suffirait à réduire la croissance du PIB de 1,5 point de pourcentage, qui atteindrait environ 1 % ou moins », ajoute M. Franz. « Cela provoquerait probablement une récession mondiale liée à l’énergie. »
Un choc gérable pour l’instant
Selon M. Franz, le conflit avec l’Iran représente un risque majeur, quoique gérable, pour l’économie mondiale s’il ne se prolonge pas outre mesure ou ne prend pas trop
d’ampleur. « Les prochaines élections de mi-mandat et les risques de ralentissement économique pourraient rendre le président Trump moins tolérant à l’égard d’une guerre prolongée. »
M. Khan estime qu’il n’y a pas de scénario unique à l’échelle mondiale. Quelques économies, comme celle des États-Unis et de certaines régions d’Amérique latine, sont relativement protégées grâce à leur production d’énergie. D’autres, dont celles de l’Europe, du Japon et d’une grande partie de l’Asie, ont davantage à craindre des hausses de prix durables et des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement.
« Bref, tout est une question de durée. Si le politique impose une résolution rapide, l’impact économique pourrait s’avérer limité », explique M. Khan. « Dans le cas contraire, les investisseurs devront se préparer à une période de hausse des prix de l’énergie, de ralentissement de la croissance et de volatilité persistante. »
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