Informations importantes

Ce site Internet s’adresse exclusivement aux Investisseurs institutionnels en Suisse.

 

Si vous êtes un Investisseur particulier, cliquez ici. Si vous êtes un Intermédiaire financier, cliquez ici. Si vous recherchez des informations pour un autre pays, cliquez ici.

 

En cliquant sur ACCEPTER, vous reconnaissez comprendre et accepter les Mentions légales.

Intelligence artificielle IA : scénario catastrophe ou destruction créatrice ?

Sur les marchés, le récit sur l’intelligence artificielle (IA) a pris un virage à 180 degrés. Après une première phase d’exubérance liée au potentiel transformateur de l’IA, les investisseurs se sont mis à redouter la formation d’une bulle. Plusieurs mois plus tard, leurs craintes se sont déplacées vers la possibilité que le mastodonte de l’IA dévaste de larges pans de l’économie mondiale. 

 

Cette évolution du récit sur les marchés aura des répercussions très différentes d’une entreprise à l’autre. Les investisseurs délaissent déjà celles dont le modèle économique sera rendu obsolète par l’IA (dans le secteur des logiciels, par exemple), privilégiant à la place les acteurs de l’ancienne économie qui fabriquent des biens physiques. Alors que dans l’ensemble, l’indice S&P 500 est en recul depuis le début de l’année, les secteurs de l’énergie, des matériaux et de l’industrie enregistrent des gains robustes. En revanche, les secteurs à faible intensité capitalistique, comme ceux des logiciels, sont en chute libre. Et depuis le début des attaques contre l’Iran, les acteurs du secteur de l’énergie ont poursuivi leur ascension vertigineuse, tandis que ceux d’autres industries lourdes ont vu leur progression ralentir.

 

Comment les investisseurs ayant une vision de long terme peuvent-ils aborder l’investissement dans un contexte aussi instable ?

 

« Nous commençons à peine à observer les effets de l’IA sur les modèles économiques », explique Brittain Ezzes, gérante de portefeuille actions chez Capital Group. « Certaines sociétés risquent d’être durement frappées, tandis que d’autres seront épargnées, voire seront portées par la généralisation de ces nouvelles technologies. Dans tous les cas, ce serait une erreur de sous-estimer la capacité de l’IA à transformer l’économie. »

 

Face à l’évolution du récit des marchés sur l’IA, Brittain Ezzes et plusieurs autres spécialistes de l’investissement de Capital Group ont identifié trois thématiques attrayantes sur lesquelles miser dans cet environnement marqué par de multiples retournements.

 

1. Les entreprises insensibles à l’IA

 

Les secteurs liés aux actifs réels et à la production de biens physiques – que Josh Brown, CEO de Ritholtz Wealth Management, appelle les valeurs « à actifs lourds et à faible obsolescence », ou HALO – sont perçus comme non concernés par l’IA. En effet, l’intelligence artificielle est incapable de cuire des hamburgers, de remplacer des câbles en cuivre ou de concevoir des moteurs d’avion.

 

« Nous assistons donc au renouveau des filières économiques physiques, explique Brittain Ezzes, ces titres ‘value’ à forte intensité capitalistique qui pourraient repartir à la hausse sous l’effet de différents facteurs. »

Les valeurs technologiques ont sous-performé la plupart des secteurs de l’économie, et notamment ceux de l’industrie lourde.

Sources : Capital Group, RIMES, S&P Global. Performances globales. Au 27 mars 2026.

Pour commencer, les acteurs des secteurs industriels et manufacturiers semblent se réveiller d’une longue torpeur. Certaines entreprises ont rationalisé leurs processus opérationnels et réduit leurs coûts de manière à accroître leurs chances de participer à une croissance économique moins concentrée. Dans les transports, par exemple, la compagnie ferroviaire Union Pacific a dévoilé son intention d’acquérir Norfolk Southern Railway, pour créer une ligne transcontinentale qui relierait différentes régions des États-Unis et du Canada. « Cette stratégie permettrait de réduire les temps de fret, de rendre le ferroviaire plus compétitif par rapport au routier et d’abaisser les coûts pour les clients », précise Brittain Ezzes. Son concurrent CSX a lui aussi pris des mesures pour réduire ses coûts et accroître ses performances.

 

Les secteurs de l’aéronautique et de la défense sont quant à eux soutenus par deux tendances mondiales : la flambée de la demande de voyages aériens, ainsi que la hausse des budgets militaires traduisant des efforts de modernisation en Europe et au Moyen-Orient En conséquence, le carnet de commandes de moteurs à réaction de GE Aerospace s’est hissé au niveau spectaculaire de 190 milliards USD début 2026, tandis que l’équipementier militaire américain RTX bénéficie d’une hausse de la demande de radars et de systèmes de défense antimissile. « D’après mon analyse, le secteur de l’aéronautique se situe au milieu d’une longue phase d’investissement », complète Brittain Ezzes.

 

Ensuite, dans le secteur de la restauration, les consommateurs voudront toujours être servis par des humains. Starbucks mise par exemple désormais sur l’expérience client dans ses boutiques, sous la houlette de son nouveau CEO, Brian Niccol, qui a tiré de l’ornière plusieurs autres enseignes en difficulté.

 

Enfin, aux États-Unis, le secteur de la santé se heurte à des pressions réglementaires et à l’évolution des coûts médicaux, mais le fait que certains produits soient strictement réglementés limite le risque de concurrence. Prenons le cas du fabricant de matériel chirurgical, Medtronic, qui exploite plus de 70 usines à travers le monde, et a en outre réduit ses coûts en consolidant ses centres de distribution et se séparant de sa division diabète. « Les barrières à l’entrée sont quasiment infranchissables dans cette filière, et le vieillissement démographique devrait accroître la demande d’actes médicaux », précise Brittain Ezzes.

 

2. Les entreprises jetées avec l’eau du bain de l’IA

 

Bien des secteurs – des logiciels, de la finance ou du conseil, pour ne citer qu’eux – sont considérés comme particulièrement vulnérables aux bouleversements engendrés par l’arrivée de l’IA. Ces dernières semaines, des fournisseurs de données comme LegalZoom.com, Thomson Reuters et FactSet Research Systems ont lourdement chuté en bourse quand Anthropic a annoncé que son agent Claude pouvait désormais réaliser automatiquement différentes tâches administratives, notamment dans le domaine juridique et dans la recherche.

 

« Le marché semble en avoir conclu que l’arrivée de la concurrence de l’IA signera la fin de la plupart des éditeurs de logiciels SaaS (Software as a Service) », explique Mark Casey, gérant de portefeuille actions chez Capital Group. « Ce sera probablement le cas d’une partie d’entre eux, mais certains semblent immunisés, tandis que d’autres pourraient même être portés par l’IA. Je surveille de près ces entreprises, pour identifier les opportunités qui ont été jetées avec l’eau du bain. »

 

La plateforme de gestion de la relation client Salesforce, par exemple, s’est retrouvée dans la tourmente : son action a plongé à cause des annonces selon lesquelles ses fonctionnalités peuvent être facilement réalisées par un agent IA. Mais la société s’active pour intégrer des fonctionnalités d’IA dans ses produits, et le fait que son système soit profondément ancré dans les flux de travail des entreprises pourrait l’aider à résister à la concurrence des outils dopés à l’IA.

 

Les acteurs du conseil informatique, non plus, n’ont pas été épargnés, comme Gartner et Accenture, qui proposent des services de recherche et accompagnent les entreprises dans leurs choix technologiques.

 

« Les deux groupes ont riposté en lançant des initiatives pour aider leurs clients à identifier les cas d’usage de l’IA générative et à intégrer ces outils à leurs activités. Il faut aussi rappeler que l’IA ne fait qu’accroître la complexité du processus décisionnel dans le domaine informatique », souligne Mark Casey.

 

3. Les fournisseurs de matériel et d’équipements pour l’IA

 

Sans entreprises traditionnelles, il ne peut y avoir de nouvelle économie. Il est bien connu que l’infrastructure d’IA est très dépendante des fabricants d’équipements de production d’énergie et de refroidissement, ainsi que des fournisseurs d’électricité et des compagnies minières.

 

Les hyperscalers au cœur de la révolution de l’IA se sont engagés à dépenser 650 milliards USD, principalement pour construire des centres de données dédiés à l’IA. « C’est plus de deux fois et demie le montant de 2025 », fait remarquer Brittain Ezzes. Ces sommes sans équivalent dans l’histoire pourraient contribuer à générer 2 % du PIB, loin devant d’autres grands programmes qui, à l’instar du projet Manhattan dans les années 1940 ou de la mission Apollo en 1965, ont été à l’origine d’innovations qui ont durablement transformé plusieurs secteurs et donné naissance à de nouvelles entreprises.

Les dépenses dans le secteur de l’IA dépassent de loin les plus grands projets historiques

Source : Capital Group, Brookings, Congressional Budget Office, FactSet, Conseil des gouverneurs de la Fed de Saint-Louis, The Planetary Society. Les coûts du projet Manhattan et de la mission Apollo correspondent au montant maximal dépensé sur une année donnée au cours de ces programmes. Les estimations de capex 2026 des hyperscalers (Google, Amazon, Microsoft, Oracle, Meta) ont été calculées à partir des estimations sell-side, divisées par les estimations de PIB publiées par le Congressional Budget Office. Au 28 février 2026.

L’infrastructure d’IA repose avant tout sur les semi-conducteurs, dont les concepteurs et fabricants ont largement profité des dépenses d’investissement réalisées par les hyperscalers. Ainsi, Nvidia, qui produit les processeurs graphiques (GPU) indispensables pour faire fonctionner les grands modèles de langage (LLM), et Broadcom, qui fournit des puces réseau, ont tous deux enregistré des chiffres d’affaires records ces derniers trimestres. L’équipementier Applied Materials bénéficie lui aussi de la flambée de la demande émanant des fabricants de puces.

 

Et dans le secteur énergétique, l’envolée des dépenses pour développer l’IA génère des opportunités, que l’on parle d’équipementiers ou de fournisseurs d’électricité. Le constructeur de turbines à gaz GE Vernova a ainsi annoncé que son carnet de commandes était rempli pour les prochaines années et a dû allonger les délais de livraison de ses équipements électriques. Enfin, pour remédier à la demande excédentaire de systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (HVAC), des fabricants comme Carrier Global et AAON ont pris le parti d’accroître leurs capacités de production.

 

Un marché pour les « stock-pickers »

 

Alors qu’elle en est encore aux prémices de son développement et de son adoption, l’IA s’impose déjà comme un puissant levier économique à ne surtout pas sous-estimer, considère Brittain Ezzes. Si cette technologie s’annonce certes pénalisante pour certaines entreprises, elle sera un formidable tremplin pour d’autres. 

La sélectivité est indispensable pour investir dans les secteurs liés à l’IA

Sources : Capital Group, FactSet, RIMES, Standard & Poor’s. Données correspondant au rendement total de l’indice. Au 27 mars 2026.

En conclusion, l’impact de l’IA ne sera pas uniforme à l’échelle de l’économie. Sur les deux premiers mois de l’année 2026, certaines valeurs industrielles ont bondi de 20 %, tandis que plusieurs valeurs technologiques ont chuté de 20 %. Comme Brittain Ezzes l’explique, « il est essentiel que les investisseurs mènent une recherche minutieuse et se montrent sélectifs, sachant qu’ils peuvent trouver des opportunités aussi bien dans les entreprises dont les actions sont portées par l’IA, que parmi des éditeurs de logiciels et des groupes de conseil récemment sanctionnés en bourse. »

Mark Casey est gérant de portefeuille actions et possède 26 ans d’expérience dans le secteur de l’investissement. Il est titulaire d’un MBA de Harvard et d’une licence de Yale. 

Brittain Ezzes est gérante de portefeuille actions chez Capital Group et possède 28 ans d’expérience dans le secteur de l’investissement. Elle est titulaire d’une licence en relations internationales et en études russes de Brown University.

Les résultats passés ne préjugent pas des résultats futurs. Il est impossible d’investir directement dans les indices, qui ne sont pas gérés. La valeur des investissements et le revenu qu’ils génèrent ne sont pas constants dans le temps, et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer l’intégralité de leur mise initiale. Les informations fournies dans le présent document ne constituent pas une offre de conseil en investissement, en fiscalité ou autre, ni une sollicitation à l’achat ou à la vente de titres.
 
Les déclarations attribuées à un individu représentent les opinions de ce dernier à la date de leur publication, et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de Capital Group ou de ses filiales. Sauf mention contraire, toutes les informations s’entendent à la date indiquée. Certaines données ayant été obtenues de tiers, leur fiabilité n’est pas garantie.
 
Capital Group gère des actions par le biais de trois entités d’investissement, qui décident en toute indépendance de leurs investissements et de leurs votes par procuration. Les professionnels de l’investissement obligataire assurent la recherche fondamentale et la gestion d’actifs obligataires par le biais de Capital Group. En ce qui concerne les titres apparentés à des titres de participation, ils agissent uniquement pour le compte de l’un des trois groupes d’investissement en actions.