Au cours des dernières décennies, les valorisations et les styles d’investissement ont été essentiellement influencés par des facteurs tels que la faiblesse chronique du yen ou des mesures budgétaires de relance court-termistes. Mais certains indicateurs semblent aujourd’hui mettre en évidence des changements.
Les élections législatives de février 2026, à l’issue desquelles le gouvernement de Sanae Takaichi a obtenu une solide majorité parlementaire, lui assurent une certaine continuité et donnent aux marchés une vision plus claire sur les politiques à venir. Le Japon pourrait ainsi renoncer à sa politique de soutien économique et de redistribution, orientée sur le court terme, au profit de mesures de maîtrise budgétaire et de croissance, axées davantage sur le long terme.
La perspective que la confiance accordée par les marchés à la politique budgétaire du pays puisse se maintenir, voire se renforcer, pourrait favoriser une normalisation graduelle et ordonnée de la politique monétaire de la Banque du Japon. Une attribution plus claire des responsabilités entre politique monétaire et budgétaire pourrait également contribuer à limiter les incertitudes accompagnant généralement tout ajustement politique.
Cet environnement pourrait mettre fin à la dépréciation structurelle du yen et déboucher à moyen terme sur un niveau plus équilibré face aux autres devises. En conséquence, les investisseurs en actions, qui évaluaient jusqu’à présent la conjoncture économique du Japon uniquement sur la base d’un cours de change favorable, pourraient progressivement devoir affiner leur analyse.
En effet, il leur faudra rechercher les entreprises reposant sur un modèle économique résilient, c’est-à-dire en mesure d’imposer leurs prix, d’accroître leurs bénéfices et partant, de générer une croissance pérenne. Les facteurs macroéconomiques et monétaires pourraient ainsi devenir accessoires.
Le gouvernement de Sanae Takaichi a défini plusieurs axes d’investissement prioritaires. Ceux-ci sont le reflet d’une volonté de remédier à des faiblesses structurelles – telles que la fragilité des chaînes d’approvisionnement, la dépendance à l’extérieur et les pressions démographiques – et de favoriser une croissance résiliente portée par l’innovation. C’est dans ce socle thématique visant à concilier impératifs de sécurité économique et objectifs de croissance pérenne que les investisseurs devraient trouver des opportunités porteuses à moyen et long terme.
Il est toutefois peu probable que ces changements s’effectuent de façon linéaire. En outre, il faudra tenir compte du risque de volatilité induite par des facteurs externes ou des incidents géopolitiques.