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Perspectives d’investissement de Capital Group

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Perspectives des marchés obligataires : comment affronter sereinement la remontée des taux d’intérêt ?
Ritchie Tuazon
Gérant de portefeuille obligataire
Rob Neithart
Gestionnaire de portefeuille obligataire
Tara Torrens
Gérante de portefeuille obligataire

À court terme, la remontée des taux d’intérêt sera douloureuse pour les investisseurs obligataires ; à plus long terme, elle reste cependant porteuse d’opportunités.


En juin 2022, la Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé son taux directeur de 0,75 %, sa plus forte hausse depuis 1994. Le taux des Fed Funds s’établit donc désormais dans une fourchette comprise entre 1,50 % et 1,75 %. Et d’autres hausses sont d’ores et déjà programmées pour ces prochains mois, pour un total de 1,75 %, puisque la Fed a réévalué son objectif médian à fin 2022 dans une fourchette comprise entre 3,25 % et 3,50 %.


Bien que les cours des obligations américaines aient chuté de plus de 10 % sur la première partie de l’année, certains signes semblent indiquer que le pire est désormais passé. À bien des égards, les obligations demeurent d’ailleurs un investissement judicieux alors que la Fed tente de guider l’économie vers un atterrissage en douceur – un objectif qui fait d’ailleurs débat.


1. Les corrections marquées peuvent être source d’opportunités


Profitant de l’effondrement des cours provoqué par les craintes selon lesquelles les mesures anti-inflation de la Fed pourraient plomber la croissance économique, les investisseurs obligataires se sont rués sur la dette. Résultat : la plupart des segments obligataires ont progressé en mai.


Pour les investisseurs, l’incertitude à l’origine de la volatilité demeure, mais le temps est peut-être venu de surmonter leur anxiété en prenant des mesures concrètes. « Alors que les marchés actions devraient demeurer instables, il est peu probable que les marchés obligataires reculent encore de 10 % supplémentaires », explique Ritchie Tuazon, gérant de portefeuille chez Capital Group.


Les pressions vendeuses ont permis aux obligations de retrouver des niveaux plus réalistes, et plus en phase avec les anticipations des marchés, ce qui pourrait constituer un point d’entrée attrayant pour les investisseurs.


Dans ce contexte de marchés actions volatils, les fonds obligataires de qualité peuvent à nouveau offrir un moyen de diversification efficace. Les investisseurs peuvent également rechercher des opportunités dans les différents segments obligataires en vue d’atteindre certains objectifs d’investissement, comme par exemple la génération d’un revenu ou la protection contre l’inflation.


2. Outre l’inflation, le niveau actuel des taux obligataires y est pour beaucoup dans la remontée des taux d’intérêt


À en juger par le rythme de hausse de son taux directeur et par ses efforts de réduction de son bilan, la Fed a fait de la lutte contre l’inflation son cheval de bataille. Mais elle a encore du pain sur la planche.


L’indice des prix à la consommation américain a bondi de 8,6 % entre mai 2021 et mai 2022, avec une accélération de 1 % depuis avril. L’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) a quant à elle progressé de 0,6 % entre mai et juin 2022.


Les prix du secteur des services s’envolent, et pourraient être plus difficiles à freiner

Au 22/05/2022. Source : U.S. Bureau of Labor Statistics.

Cette hausse des prix a de quoi préoccuper. « Je pense que la Fed reste en retard sur son cycle de resserrement monétaire », estime Ritchie Tuazon.


Certes, les prix de certains produits devenus essentiels durant les confinements sanitaires semblent avoir d’ores et déjà franchi leur point haut. Par exemple, les prix du bois de construction, qui ont flambé parallèlement aux ventes de logement et aux travaux de rénovation réalisés au plus fort de la pandémie, ont reculé de 50 % depuis début 2022. Puis ce sont les prix de services et de produits de première nécessité, comme l’alimentation, le logement et l’énergie, qui se sont emballés. « Il n’est pas impossible que les prix des différentes catégories de produits et services continuent d’augmenter tour à tour, continuant ainsi à alimenter l’inflation », analyse Ritchie Tuazon.


L’inflation persistante pourrait ainsi contraindre la Fed à accélérer son calendrier de hausse des taux. Mais étant donné que les cours obligataires intègrent déjà en grande partie cette perspective, il est peu probable que de nouveaux ajustements de la politique monétaire viennent encore déstabiliser fortement les marchés obligataires.


Au cours de l’année à venir, les taux obligataires ne devraient donc pas progresser autant qu’ils l’ont fait depuis juillet 2021, lorsque les marchés ont commencé à s’alarmer de l’inflation élevée.


Les anticipations de taux souverains révèlent que les hausses de taux étaient en grande partie intégrées

Évolution des taux des bons du Trésor à 10 ans (%)

Données au 15/06/2022. Source : Bloomberg.

3. La composante « revenu » des obligations est de retour


La remontée des taux d’intérêt pourrait bientôt profiter aux investisseurs.


Après des années au plus bas, les taux obligataires ont spectaculairement grimpé – et ce tous segments obligataires confondus – alors que les prix des obligations chutaient. Or, sur la durée, des taux obligataires plus hauts se traduisent par des revenus plus élevés.


Dans l’univers obligataire, cela fait des années que les opportunités de revenu n’avaient pas été aussi attrayantes 

Taux des principaux marchés obligataires (%)

Données au 15/06/2022. Taux par secteur correspondant aux indices Bloomberg Global Aggregate, Bloomberg Global Aggregate Corporate, Bloomberg Global High Yield et 50 % JPMorgan EMBI Global Diversified / 50 % JPMorgan GBI-EM Global Diversified. La période considérée s’étend de 2020 à aujourd’hui. De haut en bas, les plus bas ont été relevés aux dates suivantes : 04/08/2020, 31/12/2020, 06/07/2021, 31/12/2013 et 04/01/2021. Sources : Bloomberg, JPMorgan. 

Pour les investisseurs, le chemin restera toutefois semé d’embûches. C’est pourquoi une approche de gestion active peut s’avérer judicieuse. Bien qu’une récession soit peu probable à moyen terme aux États-Unis, les spreads de crédit pourraient s’élargir si les investisseurs prévoient un recul de la croissance économique, explique Tara Torrens, gérante de portefeuille chez Capital Group.


Dans cet environnement, certains secteurs « naturellement » défensifs (santé, alimentation, etc.) pourraient être source de valeur supplémentaire. Les acteurs du secteur des matières premières peuvent également offrir un refuge pertinent lorsque le cycle économique touche à sa fin. « Il y a toujours des opportunités, mais je conserve une importante poche de liquidités que je pourrai redéployer si les spreads s’élargissent comme je m’y attends », ajoute Tara Torrens.


La dette des marchés émergents, un segment obligataire qui a été particulièrement volatil, est un autre vivier d’opportunités. Selon Rob Neithart, gérant de portefeuille chez Capital Group, plusieurs pays ont relevé leurs taux avant la Fed et ont une bonne assise financière. Compte tenu de toutes les subtilités offertes par les marchés émergents, une approche active basée sur la recherche fondamentale peut donc orienter les investisseurs vers les opportunités les plus judicieuses.


À leurs niveaux actuels, les taux obligataires procurent des résultats attrayants


Si l’on en croit l’expérience passée, les taux actuels devraient donc améliorer les rendements totaux dans les années qui viennent. Dans ce contexte, les investisseurs pourraient avoir intérêt à conserver une exposition diversifiée aux différents types d’obligations, segment high yield compris. 


Des rendements totaux stimulés par la hausse des taux obligataires

Rendements au 15/06/2022. Résultats au 31/05/2022, en USD.  Les données remontent à 2000 pour tous les secteurs, hormis la dette émergente (2003). Sur la base des résultats mensuels moyens de chaque secteur dans un contexte de yield-to-worst situé à +/- 0,30 %. Taux par secteur correspondant aux indices Bloomberg Global Aggregate, Bloomberg Global Aggregate Corporate, Bloomberg Global High Yield et 50 % JPMorgan EMBI Global Diversified / 50 % JPMorgan GBI-EM Global Diversified. Sources : Capital Group, Bloomberg.

« Les rendements totaux moyens du marché high yield américain se situent d’ordinaire autour de 6 % à 8 %. Nous nous retrouvons désormais à des niveaux de taux qui permettent d’envisager ces rendements avec un horizon d’investissement à plusieurs années, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps », analyse Tara Torrens.


Pourquoi détenir des obligations aujourd’hui ?


Avec la guerre en Ukraine, l’inflation et les craintes d’une récession imminente, les investisseurs ont de nombreuses raisons d’être pessimistes. Les marchés obligataires se sont effondrés, les investisseurs craignant que le resserrement de la politique monétaire de la Fed ne grippe la croissance.


Bien que des risques demeurent, les hausses de taux sont en grande partie intégrées dans les cours des obligations. Le niveau actuel des marchés pourrait donc offrir un point d’entrée attrayant, en particulier pour ceux qui utilisent les obligations pour se prémunir contre la volatilité des actions.


« En dépit d’un flux d’actualités négatives, il faut rester optimiste. En effet, bien que les résultats passés ne préjugent pas des résultats futurs, les investisseurs pourront constater, au travers d’une vision de long terme, que par le passé, les mêmes niveaux de taux qu’aujourd’hui ont généré un revenu supérieur et des résultats attrayants », conclut Ritchie Tuazon.



Ritchie Tuazon est gérant de portefeuille obligataire et possède 20 ans d’expérience dans le secteur de l’investissement. Il est titulaire d’un MBA du MIT, d’un master en administration des affaires publiques de Harvard et d’une licence de l’Université de Californie à Berkeley.

 

Rob Neithart est gérant de portefeuille obligataire, avec une expertise spécifique sur la dette en devises, la dette émergente, et les portefeuilles orientés « hauts revenus ». Rob est titulaire d’une licence en économie de l’Occidental College, et de la certification CFA.

Tara L. Torrens est gérante de portefeuille obligataire chez Capital Group. Elle possède 17 ans d’expérience, cumulée intégralement au sein de Capital Group. Elle est titulaire d’un master et d’une licence en finance de l’université de Wisconsin-Madison et de la certification Chartered Financial Analyst® (CFA). Tara est basée à New York.


 

Les résultats passés ne présagent pas des résultats futurs. La valeur des investissements et le revenu qu’ils génèrent ne sont pas constants dans le temps, et les investisseurs ne sont pas assurés de récupérer l’intégralité de leur mise initiale. Les informations fournies dans le présent document ne constituent pas une offre de conseil en investissement, en fiscalité ou autre, ni une sollicitation à l’achat ou à la vente de titres.

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