Quand il a écrit « Je pense, donc je suis », le philosophe René Descartes était loin d’imaginer un avenir dominé par l’intelligence artificielle. Quatre siècles plus tard, alors que l’IA est en train de transformer nos sociétés, les dirigeants d’entreprise et les investisseurs sont aux prises avec le même genre de questions fondamentales sur l’évolution des technologies et leurs retombées sur notre manière de vivre et de travailler.
C’est dans cet esprit que plusieurs économistes et gérants de portefeuille de Capital Group se sont réunis pour réfléchir aux opportunités et aux risques associés à l’essor de l’IA. Voici cinq questions auxquelles ils ont proposé leur réponse.
1. L’envolée des marchés portée par l’IA va-t-elle finir en choc boursier ?
Mark Casey, gérant de portefeuille actions
Je suis convaincu que l’IA aura un impact positif ces prochaines années, car elle favorise déjà une phase de haute conjoncture et c’est une tendance que rien ne semble pouvoir arrêter. Il est évident que certaines actions de l’IA sont aujourd’hui surévaluées et que le rythme de construction d’infrastructures dédiées pourrait ralentir.
Malgré tout, il semble peu probable que l’écosystème de l’IA atteigne les niveaux de surchauffe observés en 1999-2000, aux débuts d’Internet. D’une part, les actions des acteurs du secteur de l’IA sont pour la plupart moins chères aujourd’hui que celles des TMT (technologie, médias, télécommunications) ne l’étaient il y a un quart de siècle, car le marché table déjà sur un ralentissement de la croissance et des bénéfices de plusieurs sociétés, comme NVIDIA, Broadcom, Micron Technology et SK hynix. D’autre part, l’économie est aujourd’hui plus vaste et plus dématérialisée qu’à la fin des années 1990, ce qui signifie que le potentiel de bénéfices est en réalité supérieur. Et comme cela s’est fait pour la plupart des innovations passées, je m’attends à ce que les champions se relaient au fil du temps.