Quasiment tous les candidats démocrates ont fait de la crise du pouvoir d’achat leur priorité dans les débats, discours de campagne et autres outils de communication. Le mécontentement généralisé au sujet de la guerre en Iran et du renchérissement du coût de la vie pourrait pénaliser le camp républicain, au point d’être la principale cause de sa défaite à la Chambre des représentants. Mais ce thème pourrait aussi devenir récurrent : si l’insatisfaction perdure au sujet des prix, les électeurs continueront de voter pour le changement, et ce, peu importe quel parti est au pouvoir.
3. L’issue du scrutin sera l’immobilisme politique – mais aussi un nouveau feuilleton politique.
Si, conformément à mon pronostic, les démocrates reprennent le contrôle de la Chambre des représentants, il n’en faudra pas davantage pour paralyser la vie politique américaine. Avec un gouvernement américain ainsi divisé, l’action du Congrès sera grandement entravée ces deux prochaines années. Il faut aussi s’attendre à ce que le non-respect du plafond de la dette et du budget fasse épisodiquement tanguer les marchés.
Il y a toutefois des domaines dans lesquels les deux partis pourraient réussir à travailler ensemble, comme ils l’ont fait pour relancer la construction de logements et faire baisser les prix des médicaments. Peut-être parviendront-ils aussi à s’accorder pour rétablir les aides fiscales liées à la loi sur l’accès aux soins (Affordable Care Act), dont la suppression fin 2025 s’est traduite par une hausse des coûts d’assurance maladie pour de nombreux Américains. Les démocrates ont déjà fait savoir que cet enjeu était prioritaire à leurs yeux, tandis que les républicains pourraient suivre le mouvement, ne serait-ce que pour éliminer ce point d’achoppement en vue de l’élection présidentielle de 2028. La construction effrénée de centres de données dédiés à l’IA a aussi ses détracteurs au sein des deux partis, un sujet certainement voué à gagner en intensité l’an prochain.
Mais le résultat de ce scrutin devrait aussi engendrer les habituels coups d’éclat politiques. Quand le nouveau Congrès se réunira en janvier, je m’attends à ce que les représentants démocrates lancent presque sur-le-champ des enquêtes sur Donald Trump, sa famille et d’autres membres de son administration. Il faut aussi s’attendre à ce qu’ils cherchent à nouveau à le destituer. Le Sénat ne le condamnera pas, bien sûr, mais un tel feuilleton politique pourrait facilement durer jusqu’à la fin du mandat présidentiel de Donald Trump.
Sur le front de l’investissement, la bonne nouvelle est que les actions américaines ont tendance à progresser dès que l’incertitude engendrée par les midterms est dissipée. C’est ainsi que depuis 1950, l’indice S&P 500 s’est inscrit en hausse de 15 % en moyenne au cours des douze mois qui ont suivi chaque élection de mi-mandat. Il affiche d’ailleurs un gain de 12 % sur les neuf premiers mois de 2026. Une correction est évidemment possible, mais les performances depuis le début de l’année sont déjà significatives en dépit du contexte électoral imprévisible.