Le marché des obligations d’entreprise a connu une transformation à la fois profonde et structurelle après la crise financière de 2008.
Avec l’entrée en vigueur de réglementations plus strictes qui l’ont rendue moins attrayante pour les banques, l’activité de crédit a été reprise par les prêteurs non bancaires. À partir de là, la dette non cotée (ou dette privée) s’est développée rapidement pour devenir un canal de financement aussi courant que la dette cotée. Aujourd’hui, les emprunteurs peuvent accéder aux segments qui leur offrent les meilleures conditions, ce qui crée désormais un continuum entre ces deux mondes auparavant bien distincts.
Cette évolution remet en question la traditionnelle approche en silo, qui aborde la dette cotée et la dette non cotée comme deux allocations spécifiques. Et alors que certains acteurs du marché de l’investissement créent une opposition artificielle entre marchés cotés et marchés non cotés, il peut dans de nombreux cas être pertinent de s’exposer aux deux.
Le fait de combiner de la dette cotée avec de la dette non cotée au sein d’un même portefeuille contribue en effet à élargir l’éventail d’opportunités et peut déboucher sur la génération de revenus supérieurs, tout en contribuant à renforcer la résistance du portefeuille aux aléas au fil des cycles de marché. La dette cotée apporte du volume, de la liquidité et la transparence des prix au quotidien, tandis que la dette non cotée peut offrir un accès aux emprunteurs de taille intermédiaire, à des structures sur mesure et à une prime d’illiquidité.