Le contexte macroéconomique et géopolitique a beaucoup évolué en 2025. Les principes tels que le libre-échange, la mondialisation et l’indépendance des banques centrales, qui sous-tendaient l’économie mondiale depuis de nombreuses décennies, sont aujourd’hui remis en cause. Despite this, credit spreads are at all-time tight levels and equity markets at historic highs.
Comment les investisseurs peuvent-ils positionner leurs portefeuilles obligataires pour tirer leur épingle du jeu dans ce contexte mouvant ?
Lors de notre dernier forum semestriel du Portfolio Strategy Group (PSG), nous avons tenté de décoder l’actualité et d’identifier les principaux thèmes qui dicteront l’évolution des marchés financiers ces prochains mois et années.
Sur le plan conjoncturel, le phénomène de convergence de la croissance que nous avons identifié au printemps entre le États-Unis et le reste du monde pourrait se poursuivre. La situation est en revanche moins claire sur le plan structurel, les États-Unis étant d’un côté portés par les investissements dans l’IA et leurs mesures de relance budgétaire, mais de l’autre, pénalisés par une perte de confiance dans l’appareil institutionnel.
L’augmentation des droits de douane aux frontières américaines et la réorganisation des échanges commerciaux pourraient continuer de distiller pendant un certain temps leurs effets sur l’économie mondiale. Aux États-Unis, l’environnement commercial plus contraint devrait notamment freiner la consommation des ménages et l’investissement des entreprises, ce qui se traduira par un phénomène dit de « stagflation », c’est-à-dire une croissance ralentie associée à une inflation élevée. Une récession reste cependant peu probable, les mesures de relance budgétaire déployées par l’administration américaine et la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale américaine (Fed) contribuant à atténuer l’impact négatif des droits de douane.
En Europe, le potentiel de croissance cyclique est supérieur, grâce au plan de relance budgétaire entériné par l’Allemagne. À noter toutefois que, puisque l’économie de la zone euro fait preuve de résilience, l’augmentation des dépenses qui découlera du plan allemand pourrait accentuer les pressions inflationnistes dans la région, et ainsi pousser la Banque centrale européenne (BCE) à augmenter ses taux directeurs en 2026.
Tous ces facteurs donnent à penser que la croissance mondiale pourrait ralentir, tout en restant positive début 2026, avant de peut-être repartir à la hausse au second semestre.
Au cours des épisodes de turbulences boursières survenus ces 12 derniers mois, les marchés obligataires ont joué leur rôle traditionnel de diversification, en grande partie du fait de leur duration, qui a augmenté dans la perspective d’un assouplissement des politiques monétaires. Cela dit, le marché américain, avec sa politique monétaire à contre-courant de celle d’autres pays (politique qui présente un risque aussi à long terme), requiert une approche plus nuancée. Ainsi, plutôt que de recourir à une allocation classique en bons du Trésor américain, il est sans doute judicieux d’opérer une diversification au cas par cas.
L’économie mondiale traverse actuellement une période charnière, dans laquelle la plupart des acquis de ces quarante dernières années semblent être remis en question. La convergence des taux de croissance économique et la divergence des politiques des États-Unis et de l’Europe sont potentiellement source d’opportunités d’investissement attrayantes. C’est dans ce contexte d’incertitudes persistantes et de valorisations tendues que la gestion active prend tout son sens. Aussi, nous conservons un positionnement défensif au sein de nos portefeuilles, en mettant l’accent sur les opportunités au cas par cas, tout en suivant de près l’évolution de la situation.