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Échanges commerciaux Politiques « America First » : quelles conséquences sur le reste du monde ?

Avec sa nouvelle politique douanière, l’administration américaine tente de corriger ce qu’elle considère comme des déséquilibres commerciaux fondamentaux avec le reste du monde. Les États-Unis affichent en effet le déficit courant le plus élevé de la planète, alors que des économies comme la Chine, l’Allemagne ou encore le Japon présentent des soldes largement excédentaires.

Cela dit, un déficit courant a, en lui-même, une signification limitée : si les États-Unis importent effectivement plus qu’ils n’exportent, il faut rappeler que de nombreux pays en situation d’excédent ont tendance à réinvestir le surplus d’épargne qui en découle sur le marché américain : principalement dans des bons du Trésor (au travers lesquels ils financent donc la dette américaine), mais de plus en plus aussi dans des actions de sociétés américaines (dont ils financent la croissance).

 

Aussi, il nous parait important de rappeler que ce sont à la fois les flux de marchandises et des mouvements de capitaux qui, ensemble, déterminent la situation financière globale d’un pays vis-à-vis du reste du monde.

 

Rééquilibrage du commerce mondial : quels objectifs pour quelles conséquences ?

 

Si l’administration Trump reste vague sur ses véritables intentions, ses choix politiques donnent à penser qu’en faisant porter aux autres pays une part plus grande du fardeau économique et sécuritaire, elle cherche à réduire le déficit commercial des États-Unis et à ramener dans le vert la position extérieure globale du pays.

 

L’administration Trump affiche ainsi ouvertement sa volonté d’utiliser le dollar US pour stimuler les exportations de produits et services américains, ainsi que pour soutenir les politiques de réindustrialisation des États-Unis. Elle recourt également aux négociations commerciales (droits de douane, accords bilatéraux) pour inciter des pays en situation d’excédent courant à acheter davantage de denrées américaines (armes, gaz naturel liquéfié, produits agricoles, etc.), et partant, pour accroître ses recettes publiques.

 

Ces politiques ont clairement déstabilisé les marchés. Mais à ce jour, les investissements dans des actifs américains restent globalement solides. Malgré tout, leur composition change : la demande d’obligations non couvertes est en recul, tandis que la demande d’actions est en hausse.

 

Aussi, pour le moment, on observe que les flux de capitaux vers les États-Unis sont restés dynamiques et la balance commerciale américaine, nettement déficitaire. Mais d’autres changements structurels pourraient survenir à plus long terme.

 

À partir des mutations en cours, trois phénomènes potentiels se dessinent pour l’avenir.

 

1. Rapatriement des flux de capitaux : le cas de Taïwan

 

En 2025, Taiwan a vu le rapatriement d’importants flux de capitaux, ce qui a déclenché une appréciation de sa monnaie et de ses marchés actions.

 

Fin avril, le dollar taïwanais s’est envolé à la suite du rapatriement de dépôts de change. Ce phénomène a été la conséquence 1) d’un changement dans l’allocation du capital, ce qui donne à penser que les investisseurs taïwanais pourraient réduire leur exposition aux actifs américains pour profiter d’opportunités locales devenues plus attrayantes, et 2) de l’adoption probable d’un régime de change plus flexible par la banque centrale taïwanaise, à la faveur de fondamentaux économiques solides.

 

Or, les facteurs de cette vague de rapatriement de capitaux – à savoir les vastes investissements réalisés à l’international, les fondamentaux solides ou en amélioration, et le soutien des politiques publiques – ne sont pas l’apanage de Taïwan. On observe en effet des conditions analogues dans des pays comme la Corée du Sud, l’Arabie saoudite et l’Allemagne, qui pourraient ainsi attirer davantage de flux financiers.

 

Et à plus long terme, l’ampleur des rapatriements de capitaux pourrait dépendre des politiques américaines. L’exemple de Taïwan met en évidence deux types de facteurs : d’un côté, ceux qui incitent les investisseurs à la prudence, comme les incertitudes découlant de la politique américaine, le risque de récession et les craintes quant à la solvabilité des États-Unis ; et de l’autre, ceux qui les attirent, comme l’amélioration des fondamentaux d’autres économies. Ensemble, ces facteurs pourraient engendrer un rééquilibrage mondial des actifs.

 

2. Évolution des investissements directs étrangers (IDE)

 

L’impact – jusqu’à récemment limité – des questions géopolitiques sur les flux d’IDE pourrait désormais rapidement gagner en importance. Ces aspects influencent en effet de plus en plus des décisions auparavant guidées essentiellement par le rapport coût-efficacité.

 

Par exemple, pour tenter d’atténuer les risques géopolitiques et leur exposition aux droits de douane, de nombreuses entreprises diversifient leurs chaînes d’approvisionnement pour être moins dépendantes de la Chine – qui progresse quant à elle sur la chaîne de valeur, reléguant ainsi les catégories de produits d’entrée de gamme à d’autres pays où la main-d’œuvre est moins chère.

 

En conséquence, les IDE reculent en Chine et sont réorientés vers des pays à la croisée de plusieurs blocs géopolitiques, qui se positionnent comme des maillons entre les États-Unis, la Chine et d’autres grandes économies.

 

En parallèle, la Chine devient elle-même un important pourvoyeur d’IDE, tandis que les flux émanant des États-Unis sont en repli. On observe ainsi que les politiques protectionnistes américaines contribuent en réalité à renforcer les liens économiques et politiques entre les autres régions du monde.

 

3. Augmentation des dépenses budgétaires en Europe

 

La coopération renforcée entre les pays européens résulte de leur volonté de parvenir à une plus grande autonomie économique et stratégique par rapport au reste du monde en général, et des États-Unis en particulier. Plusieurs États membres de la zone euro ont en effet relevé leur budget pour atténuer l’impact des nouveaux droits de douane aux frontières américaines, mais aussi en raison de la guerre en Ukraine.

 

En Allemagne, la levée du « frein à la dette » a ouvert la voie à une forte hausse des dépenses budgétaires dans la région, avec pour objectif de stimuler la consommation intérieure et de soutenir la croissance à long terme.

 

À terme, ces mesures pourraient contribuer à réduire l’excédent courant de l’Europe et, partant, à freiner les flux de capitaux vers les États-Unis. Ce sera d’autant plus le cas pour les pays européens caractérisés par un taux d’épargne élevé, comme l’Allemagne.

 

Un redémarrage de la croissance européenne pourrait en effet se traduire par une multiplication des opportunités d’investissement dans la région, ce qui rendrait les actifs américains moins attrayants et pourrait grandement modifier la dynamique des marchés financiers internationaux.

 

Conclusion

 

Ces trois phénomènes illustrent les mutations déjà en cours dans les échanges commerciaux et les investissements internationaux. Dès lors, dans un contexte où le reste du monde s’adapte aux opportunités et aux risques engendrés par les nouvelles politiques « America First » de Donald Trump, les investisseurs doivent gérer plus activement leur exposition aux marchés actions, en faisant preuve d’agilité et de flexibilité.

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