Comme les années covid ont permis de l’observer, les Américains ont une propension à l’épargne limitée : si l’État leur donne de l’argent, ils le dépensent. Les ménages pourraient ainsi recevoir, dès le début de l’été, jusqu’à 100 milliards USD supplémentaires au titre de crédits d’impôts.
Après un peu plus de 3 000 USD en moyenne en 2025, chaque ménage américain pourrait ainsi bénéficier d’environ 4 000 USD cette année, d’après les prévisions publiées par le Département du Trésor.
L’IA devrait stimuler les gains de productivité
Pour espérer atteindre une croissance de 5 %, il faudrait aussi observer un rebond de l’activité industrielle américaine, qui stagne depuis trois ans. Or, cette atonie d’une durée inhabituellement longue pourrait prendre fin prochainement, à en juger par l’augmentation des investissements dans un contexte d’accélération de l’économie mondiale.
En outre, quantité d’entreprises s’appuient sur l’intelligence artificielle (IA) pour accroître leur productivité. C’est là une tendance sous-estimée par de nombreux investisseurs. S’il est vrai que l’IA a un impact sur certains métiers, notamment les moins qualifiés, elle contribue à augmenter les compétences et les performances des travailleurs les plus expérimentés, qui pourraient dès lors voir leurs revenus augmenter progressivement.
D’après mon analyse, les gains de productivité associés à l’utilisation de l’intelligence artificielle ne font que commencer. C’est pourquoi j’ai relevé mon estimation de croissance de la productivité américaine à 3 % cette année, contre 2,5 % précédemment. Et à vrai dire, je ne serais pas étonné si elle se rapprochait même de 4 % dans un scénario où, à l’instar de ce qui s’est produit dans les années 1990, les entreprises investissent massivement dans les technologies pour améliorer l’efficacité de leurs processus.
Une croissance américaine de 2,8 % semble plus réaliste
Même si j’estime qu’une croissance du PIB américain de 5 % reste possible en 2026, cette prévision optimiste reste assortie de différents facteurs de risque. En effet, elle ne tient pas compte des retombées négatives des tensions commerciales, des conflits géopolitiques, de la faiblesse du marché du travail ou de l’agitation sociale, et encore moins des turbulences boursières susceptibles de découler de l’un ou l’autre de ces événements.
Compte tenu de la résilience de l’économie américaine et de potentiels facteurs défavorables, je table désormais sur une croissance du PIB de 2,8 % en 2026 – un niveau supérieur à celui du consensus et à ma prévision de décembre 2025.
Mon optimisme tient au fait que la croissance devrait être portée à la fois par les mesures de soutien déployées à l’approche des élections de mi-mandat, et par les gains de productivité impressionnants déjà observés dans le secteur privé américain.