La guerre en Iran, la hausse des prix de l’or noir et les conflits commerciaux actuels mettent à rude épreuve la croissance de l’économie mondiale. Cependant, un puissant moteur fait largement contrepoids à ces facteurs, soit les dépenses d’investissement liées à l’IA.
« L’essor de l’IA est à ce point important que, même si l’activité diminuait dans les autres secteurs, la croissance économique demeurerait positive, en particulier aux États-Unis », précise Darrell Spence, économiste à Capital Group.
« Je reste prudent quant aux perspectives de croissance aux États-Unis », explique M. Spence, « mais il se peut fort bien que le produit intérieur brut (PIB) dépasse nettement les prévisions, soit de 2,5 % ou plus. Voilà à quel point la course à l’IA contribue à soutenir la croissance économique globale. »
La guerre en Iran et l'IA tirent l'économie mondiale dans des directions opposées
Sources : Capital Group et Bloomberg. Au 31 mai 2026. Les données consensuelles reposent sur la moyenne des estimations consensuelles de Bloomberg au sujet de la variation de l’indice des prix à la consommation (IPC) aux États-Unis en 2026 (« inflation américaine ») et de la croissance du produit intérieur brut (PIB) en glissement annuel à l’échelle planétaire (« croissance mondiale »), aux États-Unis (« économie américaine »), dans l’Union européenne (« économie européenne ») et au Canada (« économie canadienne »). Celles relatives à la « politique de la Fed » reposent sur la fourchette cible implicite des taux des fonds fédéraux américains d’après les cours des contrats à terme en décembre 2026. Celles se rapportant aux « devises » sont fondées sur les cours des contrats à terme de l’indice du dollar américain jusqu’en décembre 2026. Les opinions des gestionnaires de portefeuille et des analystes peuvent différer de celles du groupe CSR. Stagflation : environnement économique caractérisé par une forte inflation coïncidant avec une faible croissance économique (PIB) et un taux de chômage élevé. BCE : Banque centrale européenne. BDC : Banque du Canada.
Pour les États‑Unis, comme pour le reste du monde, bien des choses dépendront de la durée et de la gravité de la guerre en Iran, de la trajectoire de l’inflation, de la vigueur des fondamentaux relatifs à la consommation et de l’évolution de l’IA, c’est-à-dire si son essor se poursuivra ou s’essoufflera.
« Ces forces économiques mondiales se livrent une partie de bras de fer en ce moment. Il pourrait donc s’écouler un certain temps avant qu’un vainqueur émerge », ajoute M. Spence. En outre, une croissance économique alimentée uniquement par un seul sous-secteur ne constitue pas nécessairement une évolution saine.
« Par ailleurs, l’Europe fera face à une période de stagflation avant la fin de l’année, car les prix élevés de l’énergie nuisent à sa progression », affirme l’économiste Beth Beckett. « Je m’attends toutefois à un épisode beaucoup moins important que celui observé en 2022 grâce notamment à l’activité manufacturière plus vigoureuse et au relâchement de la politique budgétaire en Allemagne. » L’augmentation des dépenses liées à la défense en Europe a apporté beaucoup d’eau au moulin des entreprises des secteurs de l’aérospatial et de la défense du Vieux Continent. Or, cette tendance devrait se poursuivre, car les conflits géopolitiques façonnent de plus en plus le paysage mondial.
Au Canada, les négociations de l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (CUSMA) s’annoncent difficiles. Selon l’économiste canadien Tryggvi Gundmundsson, cela risque de maintenir l’incertitude à un niveau élevé et de freiner tant les dépenses en capital que les embauches dans les secteurs sensibles au commerce. « Même si le débat se poursuit quant à savoir si l’économie est officiellement en récession après la publication des données sur le PIB du deuxième trimestre, de toute évidence, le Canada peine à générer de la croissance vu les tensions commerciales avec les États‑Unis », souligne‑t‑il.
En Asie, la faiblesse du secteur du logement et le ralentissement du commerce mondial pèseront sur l’économie de la Chine. Au Japon, la machine continuera de tourner au ralenti, le conflit au Moyen-Orient entravant les exportations. Ces deux pays font face à une crise énergétique en raison de la guerre en Iran. Tant que le détroit d’Ormuz restera fermé ou partiellement bloqué, l’offre restreinte de pétrole risque de freiner davantage la croissance économique, en particulier une fois les réserves stratégiques épuisées. Avant le conflit, la Chine était de loin le plus grand acheteur de pétrole iranien.
La guerre en Iran nous rappelle cruellement que le pétrole est toujours roi et maître. Lorsque l’approvisionnement est menacé, la hausse des prix de l’or noir se répercute rapidement sur les entreprises, les consommateurs et les marchés mondiaux.
Environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole transite par le détroit d’Ormuz, au large de l’Iran. Par conséquent, toute perturbation dans cette zone se répercute presque immédiatement sur les prix des carburants. Même aux États-Unis, premier producteur mondial de pétrole, le prix de l’essence à la pompe a bondi de près de 53 % depuis le début de la guerre.
« Les risques économiques sont bien réels, et les coûts ne feront qu’augmenter si la guerre s’éternise », explique Paul Benjamin, gestionnaire de portefeuille d’actions. « Un conflit prolongé entraînerait une dépréciation des actions, l’appréciation du dollar américain et l’élargissement des écarts de crédit. »
La bonne nouvelle, c’est qu’au cours des deux dernières décennies, les marchés boursiers ont généralement rebondi après des bouleversements géopolitiques, car ces perturbations n’ont pas entraîné de ruptures prolongées de l’approvisionnement physique. Au cours des sept crises pétrolières survenues depuis la première guerre du Golfe dans les années 1990 jusqu’à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, les actions américaines ont chuté en moyenne de 1 % deux semaines après l’événement, puis elles ont progressé de 1,4 % un mois plus tard, de 12 % un an plus tard et de 32,3 % pendant les deux années suivantes. Cela nous rappelle que les marchés sont tournés vers l’avenir et qu’ils anticipent peut-être déjà une résolution de la crise actuelle.
La guerre a fait monter les prix du pétrole, mais, comme c’est généralement le cas, les actions ont vite rebondi.
Sources : Capital Group, Bloomberg et S&P Global. Les événements géopolitiques comprennent : première guerre du Golfe (août 1990), deuxième guerre du Golfe (mars 2003), perturbations de l’approvisionnement dans le delta du Niger (février 2006), printemps arabe et guerre civile en Libye (février 2011), risque de fermeture du détroit d’Ormuz et sanctions contre l’Iran (décembre 2011), attaque de drones contre des installations pétrolières saoudiennes (septembre 2019) et invasion de l’Ukraine par la Russie (février 2022). Les dates correspondent au prix observé le jour de bourse (« JDB ») le plus proche. Si un choc survient un jour où la bourse est fermée, la date de début est celle du jour ouvrable précédent. Les rendements assortis d’un horizon temporel sont calculés à partir du premier jour ouvrable disponible pendant ou après l’horizon indiqué (par exemple, « JDB + 2 jours »). Les données reflètent les rendements totaux en USD. Au 31 mai 2026.
À l’approche des importantes réunions de la Fed les 16 et 17 juin, les investisseurs ont les yeux rivés sur le nouveau grand manitou de la banque centrale, Kevin Warsh, recherchant des indices sur la direction que prendront les taux d’intérêt. Le président Trump s’est déjà prononcé sur la question, déclarant récemment à l’émission Meet the Press de NBC : « Il n’y a aucune raison de relever les taux d’intérêt. » Cette remarque est survenue après la publication d’un rapport confirmant la robustesse de l’emploi aux États-Unis, ce qui a alimenté les spéculations quant à une possible hausse des taux d’ici la fin de l’année.
En effet, les données sur l’emploi aux États-Unis pourraient jouer un rôle déterminant dans la prochaine décision de la Fed, même si l’inflation provoquée par la guerre continue de s’intensifier. D’ailleurs, des responsables de la Fed ont indiqué au cours des derniers mois que le soutien au marché du travail pourrait devoir primer sur la lutte contre l’inflation.
Or, l’inflation a bondi, l’indice des prix à la consommation américain ayant augmenté de 4,2 % en mai, soit sa plus forte poussée depuis avril 2023. Cette progression est principalement attribuable à la flambée des coûts de l’énergie, en hausse de 23,5 % par rapport à l’année dernière.
Selon Chitrang Purani, gestionnaire de portefeuille de titres à revenu fixe à Capital Group, le marché du travail est plus faible qu’il y a quelques années, mais il reste stable dans l’ensemble. « La guerre maintient l’inflation au-dessus de la cible de 2 % de la Fed et pourrait freiner les investissements des entreprises qui ne sont pas liés à l’IA ainsi que la demande des consommateurs. Cette combinaison augmente le risque d’un ralentissement plus prononcé de la croissance. »
M. Purani pense que les décideurs politiques feront preuve de patience. « Le marché du travail est resté stable, la croissance plus lente de l’emploi étant compensée par une expansion au ralenti de la main-d’œuvre. Cependant, si cet équilibre se rompait et que le taux de chômage augmentait aux États-Unis, la Fed ferait probablement fi des risques d’inflation à court terme. »
Le marché du travail américain ralentit, mais la Fed dispose d’une marge de manœuvre pour diminuer les taux
Sources : Capital Group, Bloomberg et Réserve fédérale américaine. Le taux cible des fonds fédéraux correspond à la limite supérieure de la fourchette cible du Federal Open Markets Committee (FOMC) pour les prêts à un jour entre les banques américaines. Au 31 mai 2026.
Compte tenu des récents événements survenus dans le monde, les investisseurs ne s’intéressent peut-être pas encore aux élections de mi-mandat aux États-Unis. Pourtant, ce scrutin déterminant aura lieu dans quelques mois à peine et pourrait avoir un effet notable sur le marché boursier, si l’on se fie à l’histoire.
Afin d’en évaluer l’incidence, Capital Group a analysé plus de 90 ans de données de l’indice S&P 500. Il en ressort que le marché boursier présente des caractéristiques particulières les années d’élections de mi-mandat. La volatilité tend à augmenter, les rendements sont généralement moins élevés et, une fois le résultat connu, les actions ont tendance à rebondir.
Pour l’instant, des forces contradictoires dictent l’évolution du marché, à savoir la hausse des bénéfices des entreprises, la guerre en Iran et la forte remontée des titres liés à l’IA. Or, cela pourrait changer à mesure que les investisseurs tourneront leur attention vers cette campagne électorale qui s’annonce houleuse.
Heureusement, les rendements ont tendance à remonter fortement au cours de l’année qui suit les élections de mi-mandat. En effet, depuis 1950, ils ont grimpé en moyenne de 15,4 % en dollars américains. Néanmoins, pour les investisseurs privilégiant le long terme, ces fluctuations de courte durée n’ont en général pas beaucoup d’importance. « Nous pourrions assister à quelques turbulences sur les marchés et les investisseurs devraient se préparer à de la volatilité à court terme. Toutefois, je ne m’attends pas à ce que les résultats des élections aient une incidence majeure sur les rendements des placements, quelle que soit l’issue du scrutin », déclare Chris Buchbinder, gestionnaire de portefeuille du Fonds Capital Group actions américainesMC (Canada).
Après une période de volatilité liée aux élections de mi-mandat, les actions rebondissent en général
Sources : Capital Group, RIMES et S&P Global. Les calculs ont pour date de départ le jour du scrutin dans le cas des années d’élection et le 5 novembre en ce qui concerne les autres années. Seules les années d’élections de mi-mandat figurent dans le graphique. Les rendements, qui sont en dollars américains, ne comprennent pas le réinvestissement des dividendes ni les distributions de capital. Au 31 décembre 2025.
« Nous savons tous que, d’un point de vue historique, le parti au pouvoir subit souvent des revers lors des élections de mi-mandat, ce qui joue donc en faveur des démocrates », explique Matt Miller, économiste politique à Capital Group. « N’oublions pas, cependant, que nous sommes encore loin du jour du scrutin. Cinq mois représentent une éternité en politique. Je pense que nous assisterons à une importante mobilisation et à des campagnes publicitaires très bien financées, qui pourraient rendre cette élection plus serrée que prévu. Cela pourrait même donner aux républicains une chance de décrocher ce qui serait aujourd’hui considéré comme une victoire surprise. »
L’indice S&P 500 est un indice pondéré selon la capitalisation boursière fondé sur les résultats d’environ 500 actions américaines ordinaires détenues par un grand nombre d’actionnaires. L’indice boursier n’est pas géré et n’a donc pas de frais. Les investisseurs ne peuvent pas investir directement dans un indice.
L’indice du dollar américain est une mesure de la valeur du dollar américain par rapport à celle d’un panier de devises de la majorité des plus importants partenaires commerciaux des États-Unis.
L’indice des prix à la consommation (IPC) est une mesure de la variation moyenne dans le temps des prix payés par les consommateurs urbains pour un panier de biens de consommation et de services.
Indicateurs économiques
Marchés et économie
Allocation d’actifs
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