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Le nouveau cadre de politique monétaire de la Fed alimentera-t-il l’inflation ?
Ce qu’il faut retenir
  • La décision de la Fed de tolérer une inflation supérieure laisse la porte ouverte à une période prolongée de politique monétaire accommodante.
  • Compte tenu de cette politique monétaire accommodante et d’un marché de l’emploi en berne, les taux obligataires pourraient rester faibles.
  • Le risque d’inflation est orienté à la hausse sur le long terme.

En janvier, la Réserve fédérale américaine (Fed) a réaffirmé son engagement à maintenir des taux bas pendant une période prolongée dans le cadre de la réorientation de sa politique monétaire. Avec son objectif « large et inclusif » de plein emploi et son nouveau régime de ciblage de l’inflation (moyenne de 2 % sur une période longue), la Fed multiplie les conditions à réunir avant d’engager un durcissement de sa politique expansionniste actuelle. S’exprimant après la réunion du comité de politique monétaire, son président Jerome Powell a insisté sur l’importance de « nouvelles avancées significatives » vers les objectifs d’emploi et d’inflation avant que la Fed n’envisage de revoir sa copie.


Voici mes toutes dernières réflexions sur les anticipations d’inflation et sur l’orientation possible des taux américains à court et moyen terme.


L’inflation pourrait enregistrer des sursauts éphémères


Avec la levée des restrictions économiques, les prix à la consommation ont rebondi de leurs plus bas récents, mais restent inférieurs à leurs niveaux d’avantcrise. D’après mes prévisions, l’indice PCE (indice des prix à la consommation des ménages, le favori de la Fed pour connaître le niveau de l’inflation) devrait provisoirement dépasser 2 % au printemps 2021, avant de ralentir en fin d’année, dans la continuité des faibles taux d’inflation de 2020.


De la même manière, l’inflation pourrait enregistrer des sursauts éphémères au fil du redémarrage de l’activité.


Bon nombre de ménages accumulent de l’épargne depuis une année, et nous pourrions assister à un rattrapage de la demande, avec un rebond de la consommation dans certains secteurs. Il est toutefois peu probable que cette impulsion dure, à moins que l’économie ne se redresse de manière soutenue et dynamique.


Compte tenu de la politique monétaire accommodante et d’un marché de l’emploi en berne, les taux obligataires pourraient rester faibles


Les perspectives de croissance économique continuent de s’améliorer grâce aux campagnes de vaccination et à un nouveau cycle de relance budgétaire. La politique de la Fed devrait toutefois demeurer accommodante pour longtemps encore, ce qui contribuera à maintenir des taux obligataires bas, et ce pour plusieurs raisons :


Politique plus « réactive ». La Fed a réorienté sa politique monétaire : auparavant « proactive » par rapport aux performances économiques, celle-ci sera désormais plus « réactive ». Dans ses dernières allocutions, Jerome Powell a indiqué que pour guider ses décisions de politique, la Fed s’appuie moins sur des modèles tels que la courbe de Phillips (concept économique selon lequel l’inflation et le chômage ont une corrélation négative stable), car les liens de cause à effet qui les sous-tend sont incertains et imprécis. Pour lui, il est également nécessaire que la conjoncture économique retrouve une certaine solidité avant que la Fed ne modifie sa politique monétaire. S’il y a une leçon à retenir du précédent cycle des taux, c’est que la dépendance de la Fed à ce genre de modèles l’a incitée à relever prématurément les taux de 200 points de base entre fin 2016 et fin 2018. Les craintes inflationnistes ne s’étant finalement jamais réalisées, elle a ensuite réajusté sa politique en les abaissant par trois fois en 2019.


Lente reprise du marché de l’emploi. Le marché du travail a mis du temps à se redresser, et il faudra attendre longtemps avant que le nouvel objectif « large et inclusif » de plein emploi ne soit atteint. Dans le cadre de sa réorientation stratégique, la Fed a renforcé son mandat relatif à l’emploi, qui devient prioritaire sur son objectif d’inflation. Ses décisions de politique viseront donc exclusivement à combler les « insuffisances » pour atteindre son objectif d’emploi.


À en juger par les statistiques, la route sera longue. En janvier, le taux de chômage restait élevé à 6,3 % tandis qu’à 57,5%, le taux d’emploi reste proche de ses plus bas niveaux du début des années 1980. L’amélioration des demandes d’allocation chômage semble stagner. De plus, ces mesures dissimulent d’importants écarts dans les indicateurs (groupes démographiques et de revenus) et ne révèlent donc pas l’ampleur réelle des difficultés.

1. Source : US Bureau of Economic Analysis, données reprises de FRED, Federal Reserve Bank of St. Louis. Taux annuel corrigé des variations saisonnières Données à décembre 2020.

 


 


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