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Perspectives d’investissement de Capital Group

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Taux d’intérêt
Inflation : les anticipations du marché sont peut-être prématurées
Ritchie Tuazon
Gérant de portefeuille obligataire
Tom Hollenberg
Gérante de portefeuille obligataire
Ce qu’il faut retenir
  • Malgré le regain d’inflation, les taux des bons du Trésor et des TIPS ont baissé.
  • Deux hausses des taux de la Réserve fédérale (Fed) sont désormais prévues d’ici fin 2023 et les achats d’actifs pourraient commencer à ralentir dès septembre.
  • Compte tenu de l’horizon dégagé de 2022, notre équipe Taux US préfère investir sur la partie courte de la courbe des taux (échéances allant jusqu’à deux ans).

Nous observons depuis quelques mois un paradoxe intéressant sur les marchés : le taux des bons du Trésor américain à 10 ans et le taux d’équilibre des bons du Trésor américain indexés sur l’inflation (TIPS) à 10 ans ont fléchi alors même que l’inflation a bondi.


L’envolée de l’inflation sous-jacente a pris les marchés au dépourvu en avril (+0,8 % en glissement mensuel) et mai (+0,6 %), du jamais vu depuis 2009. De même, l’indice des prix à la consommation (IPC) hors énergie et alimentation a gagné 0,9 % en glissement mensuel en avril, un niveau inédit depuis 40 ans.


Les prix à la consommation s’envolent1


Contrairement à ce que l’on pouvait attendre, les taux des bons du Trésor américain et des TIPS ont reculé. Depuis mi-mai, lorsque les premiers chiffres haussiers de l’IPC ont été publiés, le taux à 10 ans est passé de 1,69 % à 1,5 % et le taux d’équilibre à 10 ans a cédé 24 pb (taux d’équilibre des TIPS : écart de taux entre bons du Trésor et TIPS de même échéance).


Deux hypothèses – qui restent à confirmer – pourraient avoir contribué à cette évolution : tout d’abord, la poussée d’inflation est vraisemblablement passagère ; ensuite, la Fed sera sans doute davantage disposée à changer son fusil d’épaule en cas de surchauffe inflationniste.


L’inflation demeure dans la fourchette définie par la Fed


La réunion du 16 juin par la Fed a fait resurgir des craintes inflationnistes, le resserrement du calendrier ayant été interprété par certains comme un durcissement de ton. Son président Jerome Powell a pris acte de ces préoccupations lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, en déclarant que les prévisions d’inflation à long terme se rapprochent désormais de l’objectif de 2 %.


Tout en estimant que certains facteurs à l’origine de la flambée des prix pourraient être temporaires, il n’écarte pas un effet accru et prolongé sur l’inflation. Néanmoins, le président de la Fed n’a pas manqué de souligner à plusieurs reprises que le FOMC (Federal Open Market Committee) « n’hésiterait pas » à se servir de ses outils de politique monétaire – autrement dit, à mettre plus rapidement un terme à sa politique accommodante – si l’inflation ou les prévisions d’inflation venaient à augmenter.


La médiane des projections individuelles des membres du FOMC inclut désormais deux hausses de taux d’ici fin 2023, alors qu’elle n’en faisait apparaître encore aucune en mars dernier. Par ailleurs, 7 des 18 membres prévoient de prendre cette initiative en 2022, alors qu’ils n’étaient que 4 précédemment.


Projections de hausse des taux de la Fed2


Les conditions sont désormais réunies pour que la Fed s’oriente vers une réduction de son programme d’achat d’actifs (le fameux « tapering ») : une annonce est possible dès la réunion du FOMC de septembre si les chiffres de l’inflation et de l’emploi dépassent les attentes.


Pour les investisseurs, le message de la réunion de juin était plus ferme, ce qui s’est traduit par une hausse importante des taux courts, une baisse des taux longs et un reflux des anticipations d’inflation intégrées aux TIPS.


Des hausses de taux peu probables dans l’immédiat


Pour nos spécialistes des taux d’intérêt, même après ce changement de ton, une année complète – au minimum – nous sépare des hausses de taux. La Fed mènera probablement à son terme la réduction de son programme d’achat d’actifs avant de relever les taux, suivant en cela la feuille de route qu’elle s’est tracée au lendemain de la crise financière mondiale. Les responsables de la politique monétaire ont clairement exprimé leur préférence pour cette façon de procéder. M. Powell a aussi tenu à rappeler que les discussions du FOMC porteraient sur les achats d’actifs, et non sur les hausses de taux.


 


1. Source : US Bureau of Labour Statistics, Refinitiv DataStream. Au 31 mai 2021.


2. Sources : Capital Group, Réserve fédérale américaine. Anticipations : bas de la fourchette des taux des Fed funds. Au 16 juin 2021.


 


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Ritchie Tuazon est gérant de portefeuille obligataire chez Capital Group. Il possède 20 ans d’expérience en matière d’investissement et a rejoint Capital Group il y a 10 ans. Ritchie est basé à Los Angeles.

Tom Hollenberg est gérant de portefeuille obligataire et possède 15 ans d’expérience dans le secteur de l’investissement. Il est titulaire d’un MBA en finance de la MIT Sloan School of Management et d’une licence en économie du Boston College.

 


 

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