Rob Lovelace explique ce à quoi une reprise pourrait ressembler | Capital Group Canada | Points de Vue

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POINTS DE VUE  |  MAI 2020

Rob Lovelace explique ce à quoi une reprise pourrait ressembler

Avec la collaboration de
Rob Lovelace, gestionnaire de portefeuille d’actions

Alors que les marchés demeurent volatils et que le monde fait face à la COVID-19, un gestionnaire de portefeuille chevronné partage son point de vue sur les occasions de placement à long terme.

À quoi ressemblera le monde en 2022? Il s’agit d’une question fondamentale qui interpelle le vice-président du conseil de Capital Group, Rob Lovelace, alors que les marchés demeurent volatils et que le monde entier doit faire face à la COVID-19.

Selon M. Lovelace, il faut s’arrêter et réfléchir à ce qui sera différent et à ce qui reviendra à la normale en 2022. Rob, qui a débuté sa carrière en placement chez Capital Group au milieu des années 1980, est d’avis qu’il est très rassurant de pouvoir se concentrer sur ce qui sera pareil et de voir l’autre versant de la vallée. La situation était très différente durant la crise financière de 2008, car nous ignorions ce qui se trouvait sur l’autre versant et comment nous allions y arriver. Or cette fois-ci, quant à M. Lovelace, la situation est différente, ce qui lui donne de l’espoir. Même si l’économie mondiale et les marchés financiers seront mis à rude épreuve pendant un certain temps et que les chefs de gouvernements devront prendre des décisions difficiles, M. Lovelace croit que nous en viendrons à bout.

Lors d’un récent appel téléphonique depuis son bureau à domicile, M. Lovelace nous a fait part de son point de vue sur la réaction de Capital Group au virus, les activités de la société, ses perspectives à l’égard des marchés mondiaux et les occasions de placement.

Q : Quelles sont vos perspectives à l’égard des marchés mondiaux?

L’impact de la COVID-19 se fera sentir pendant un certain temps, certainement jusqu’en 2021, mais il s’atténuera avec le temps.

La Chine nous a montré que nous devons agir rapidement, de manière décisive et avec rigueur. Les marchés boursiers chinois sont assez stables depuis que le pays a pris la situation en main. Par exemple, les actions chinoises ont reculé de 15,9 % du 19 février (le début de ce marché baissier) jusqu’au 17 mars, comparativement à un recul de 25,2 % pour les États-Unis, de 21,6 % pour le Japon et de 31,4 % pour l’Europe.

Il existe une divergence à l’échelle mondiale en ce qui concerne les mesures prises pour contrer la COVID-19.

Si les gouvernements réagissent rapidement, le choc économique est certes très important, mais il est suivi d’une reprise, comme celle que nous avons connue en Chine et à Singapour. Dans le même ordre d’idées, nous tentons déjà de faire en sorte que certains de nos employés puissent retourner au travail à notre bureau de Singapour.

Si ces mesures ne sont pas prises, nous connaîtrons probablement un choc humain plus important et des tensions économiques prolongées, ce qui semble se produire en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, en France et dans certains autres pays.

Aux États-Unis, nous essayons de décider quelle voie suivre. Nous avons fait les premiers pas, mais si nous n’isolons pas davantage le pays et que nous ne tuons pas la maladie dans l’œuf, elle croîtra plus rapidement et aura une plus grande incidence. Il est donc difficile de savoir l’ampleur de la vallée. Une récession est inévitable. Il reste à savoir pendant combien de temps elle durera, et c’est ce qui perturbe le marché.

Les marchés reconnaissent que les différentes réactions des gouvernements entraîneront différents résultats à la Bourse. Quoi qu’il en soit, je crois que nous nous en sortirons et que nous serons même mieux placés dans 24 mois. C’est ce que Capital Group entrevoit déjà en tant qu’investisseur à long terme. La route qui traverse le fond de la vallée demeure la seule inconnue, pour l’instant.

Q : Que constatez-vous au sein de secteurs précis?

Les sociétés pharmaceutiques sont des bénéficiaires évidents, car elles mettent au point des vaccins prometteurs, en particulier aux États-Unis et dans quelques autres pays. Certaines entreprises ont également une capacité excédentaire dans leurs chaînes de fabrication qui leur permettra de produire ces vaccins s’ils sont testés et développés avec succès.

Les secteurs des biens de consommation de base et de l’alimentation ont tenu le coup dans ce contexte, tout comme les fabricants de boissons. Le marché immobilier devrait profiter de la baisse des taux, mais le segment commercial risque de pâtir si les petites entreprises en prennent pour leur rhume. L’augmentation du trafic Internet aide les entreprises de téléphonie et de communication qui profitent d’une utilisation accrue de données, et les services aux collectivités tirent parti de la baisse des taux. La tendance positive pour les secteurs des communications et des services aux collectivités est la plus forte sur les marchés hors États-Unis.

Une autre tendance intéressante que j’aimerais souligner est que les entreprises de croissance de qualité dans les secteurs de la technologie et de l’Internet, qui affichent des flux de trésorerie abondants et un bilan solide, tiennent le coup.

En revanche, les actions de valeur continuent d’éprouver des difficultés dans ce contexte. Le pétrole suit deux voies : le ralentissement économique et la lutte géopolitique entre les Saoudiens et les Russes. Je demande à certains de mes collègues où ils achèteraient des titres pétroliers si ce n’était pas ici. Il s’agit en partie d’une question politique, mais les choses finissent toujours par revenir à la normale.

En tant qu’investisseurs, nous devons nous concentrer sur ce qui a changé de manière permanente. L’analogie que nous avons retenue est de regarder l’autre versant de la vallée. Ce sera peut-être une période difficile, mais je sais que certaines entreprises se porteront bien. Personnellement, c’est ce sur quoi je me concentre, en particulier sur certaines entreprises et certains chefs de file du marché Internet que nous détenons dans nos portefeuilles depuis longtemps.

Il y a des entreprises pour lesquelles le monde a fondamentalement changé, comme les croisiéristes. Notre analyse se concentre sur la question de savoir si les tendances ont changé de manière permanente dans certains secteurs, ou si les affaires reviendront à la normale une fois la crise traversée.

J’aimerais également mentionner que nous connaîtrons un baby-boom mondial en raison des quarantaines et de la distanciation sociale, ce qui pourrait profiter aux fabricants de couches.

Q : Que faut-il penser des récentes interventions de la Fed?

La Réserve fédérale américaine a clairement manifesté ses préoccupations en réduisant les fonds fédéraux à près de zéro et en instaurant divers programmes extraordinaires d’injection de liquidités qui ont servi, la dernière fois, lors de la crise financière mondiale.

Il est important et absolument nécessaire d’assurer la liquidité du système. Nos négociateurs de titres à revenu fixe nous indiquent que la liquidité est mise à mal, même dans le cas des obligations du Trésor américain, qui sont généralement le marché le plus liquide au monde. Pour accroître la liquidité, la Fed a rétabli son programme d’assouplissement quantitatif en s’engageant à acheter pour 700 G$ US de titres du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires d’organismes gouvernementaux. La Fed a également redémarré son mécanisme de financement du papier commercial afin de permettre aux entreprises d’avoir accès à des liquidités à court terme.

Contrairement à ce qui s’est passé lors de la Grande Récession, les banques se portent bien, en partie grâce à la restructuration qui a eu lieu après 2008. Les entreprises recourent à leurs marges de crédit, et nous surveillons la situation de près. L’aide gouvernementale aux secteurs de l’aérospatiale, du transport aérien et de l’hôtellerie sera probablement semblable à celle du programme de sauvetage des actifs à risque (TARP) en 2009. Je m’attends aussi à ce que les travailleurs horaires américains dont les heures ont peut-être été réduites ou qui pourraient perdre leur emploi reçoivent de l’aide, ainsi que d’autres formes de soutien gouvernemental. À mon avis, de telles mesures auront un effet positif.

Q : Comment Capital Group est-il positionné pour relever les défis actuels?

Comme nous avons des bureaux en Chine et partout en Asie, nous avons déjà dû composer avec ce genre de conjoncture et avons surmonté ces difficultés dans le passé. Nous avons fait face à l’épidémie de SRAS, qui était concentrée au niveau régional, et, plus récemment, aux troubles politiques à Hong Kong. Nous avons beaucoup appris de ces expériences. Lorsque le coronavirus est apparu, nous avions déjà mis en place des protocoles de travail à domicile en Asie, ainsi que la technologie nécessaire pour soutenir nos équipes. Lorsque la situation s’est détériorée en Italie, nous avons été à même de devancer l’industrie et le gouvernement de quelques jours, voire de quelques semaines.

Capital Group est conçu pour les marchés baissiers et le fait d’être une société fermée est avantageux. Nous ne mettons pas l’accent sur les bénéfices trimestriels à court terme et nos employés ne s’inquiètent pas du cours de l’action de la société ni de la perte de leur emploi. Ces éventualités sont démoralisantes, surtout lorsque vos actions perdent de la valeur.

Nous avons un bilan incroyablement solide, sans dette, et des liquidités considérables.

Un autre facteur qui, à mon avis, nous distingue des sociétés de placement cotées en bourse, est que nous rémunérons nos professionnels de la même manière, que les marchés soient baissiers ou haussiers. Cela est particulièrement important pour notre groupe de placement, car notre fonds des primes n’est pas fonction du total de l’actif sous gestion, qui peut fluctuer en fonction des conditions du marché. Nous conservons exactement la même formule, en mettant l’accent sur les résultats à long terme; cela aide nos gestionnaires de portefeuille qui ont pu détenir des liquidités plutôt élevées et contribue à équilibrer les résultats de nos fonds.

Q : La COVID-19 a-t-elle un impact sur notre processus de recherche?

Vu notre envergure mondiale, nos professionnels en placement se rendent souvent dans différentes régions du monde pour rencontrer des équipes de direction d’entreprises, des fonctionnaires et des fournisseurs. Bon nombre d’entre nous sont des guerriers de la route, pour qui travailler à distance ne représente pas un changement difficile, et nous avons l’habitude de communiquer par vidéoconférence.

Aujourd’hui, nous faisons tous du télétravail, et avons donc encore plus de temps pour analyser les données et réfléchir à ce qui se passe sur les marchés. Nous n’avons même pas observé de baisse spectaculaire du contact avec les entreprises, car ces dernières accueillent favorablement les conversations audio et vidéo.

Les équipes de direction des entreprises sont également isolées à la maison et, dans certains cas, elles ont communiqué avec nos analystes pour savoir ce qui se passe dans le monde et dans leur secteur.

Je dirais donc que nos relations avec les équipes de direction sont aussi solides, voire meilleures, que jamais.

À propos

 

Rob Lovelace Gestionnaire de portefeuille d’actions

Rob Lovelace est vice-président du conseil de Capital Group, président de Capital Research and Management Company, et fait partie du Comité de gestion de Capital Group. Il a 34 ans d'expérience dans le secteur du placement, tous au sein de Capital Group. Il est titulaire d’un baccalauréat en géologie de l’Université Princeton et détient également le titre d’analyste financier agréé (CFA).


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