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L’Europe sous le signe d’un optimisme prudent
Martyn Hole
Directeur des investissements

Le paysage européen semble de plus en plus favorable, mais il faut prendre garde à certains risques. Dans cet article, nous tentons d’expliquer pourquoi.


 


L’économie européenne a redémarré depuis janvier


La reprise européenne est sur les rails : la croissance du PIB des grandes économies a été plus forte que prévu au deuxième trimestre, notamment en Italie et en Espagne. Grâce à l’assouplissement des restrictions de déplacement, le secteur des services a vu son activité s’envoler, un phénomène particulièrement important pour des pays qui, comme l’Espagne et l’Italie, dépendent du tourisme et de l’hôtellerie. L’activité manufacturière demeure également un moteur de la reprise dans la zone euro. Robert Lind, économiste chez Capital Group, estime que les grandes économies européennes pourraient retrouver plus tôt que prévu leur niveau de PIB d’avant la pandémie.


Malgré les mesures engagées par les États pour préserver les revenus des ménages, la consommation a reculé et les taux d’épargne ont bondi. Un rattrapage de la demande latente est donc possible à tout moment, ce qui serait une aubaine pour de nombreuses entreprises. Nous commençons d’ailleurs à en voir les premiers signes dans l’amélioration marquée des ventes de détail et de la confiance des ménages.


Portées par le regain d’optimisme quant à la reprise économique et les bénéfices considérables dégagés par les entreprises, les actions européennes ont solidement progressé depuis le début de l’année. Après sept mois consécutifs de résultats positifs, l’indice MSCI Europe affiche un bond de près de 20 %2 en euro depuis janvier (les résultats passés ne préjugent pas des résultats futurs).


 


Un ralentissement est possible


Selon Robert Lind, deux grands facteurs laissent cependant présager d’une modération de la croissance ces prochains mois.


 


1. La propagation rapide du variant Delta pourrait compromettre la reprise, en particulier à l’automne, même si les gouvernements semblent peu enclins à revenir aux confinements stricts.


Les grands pays européens n’ont pas tous connu le même sort cet été. La dernière flambée épidémique en Espagne a provoqué une nette accélération des vaccinations. En France, les autorités ont renforcé certaines restrictions pour compenser le ralentissement de la campagne de vaccination. En Italie et en Allemagne, où l’assouplissement des mesures restrictives a été prudent,
le nombre de cas a jusqu’à présent reculé. Le rythme des vaccinations s’est maintenu dans les deux pays, même si un essoufflement est maintenant perceptible.


Au Royaume-Uni, les taux d’infection ont augmenté et la couverture vaccinale progresse de plus en plus lentement. Bien que le gouvernement ait encore assoupli les restrictions, les Britanniques semblent rester prudents, ce qui a eu pour effet de peser sur la croissance économique au cours de l’été. Le cas du Royaume-Uni laisse à penser qu’une nouvelle vague épidémique cet automne pourrait éroder la croissance économique, en raison de restrictions gouvernementales durcies ou d’un changement durable du comportement des consommateurs et des entreprises.


 


2. Les craintes d’un plafonnement de la croissance américaine et chinoise se multiplient. L’économie européenne pourrait avoir du mal à ne pas être entraînée par ses principaux partenaires commerciaux.


Aux États-Unis, l’évolution du virus et des vaccinations font s’éloigner la perspective d’un retour à la normale de l’économie d’ici fin 2021. Certains États réintroduisent même des restrictions, ce qui pourrait retarder le retour à l’équilibre de l’offre et de la demande de biens, de services et de main-d’œuvre, et alimenter les distorsions (principalement sous la forme d’une inflation plus élevée).


En Chine, les dernières statistiques économiques ont montré que la croissance avait reculé plus
rapidement que prévu, le variant Delta et les inondations ayant perturbé le fonctionnement des entreprises. Avec le ralentissement industriel déjà en cours et la probabilité d’un effet encore plus délétère de la nouvelle vague épidémique sur la consommation, la croissance chinoise pourrait se tasser d’ici la fin 2021.


Malgré ces incertitudes, le niveau des valorisations devrait protéger les marchés d’actions européens en cas de croissance décevante


Depuis 13 ans, le marché boursier européen est à la traîne par rapport au marché américain. D’abord, l’économie américaine s’est redressée plus rapidement après la crise financière, soutenue alors par une politique monétaire extrêmement accommodante (le fameux « quantitative easing »), tandis que l’Europe appliquait une approche budgétaire plus modérée. Résultat : les deux blocs n’ont pas évolué au même rythme.


Ensuite, la composition des indices boursiers diffère de part et d’autre de l’Atlantique : le S&P 500 fait la part belle aux secteurs des technologies de l’information et des services de communication, tandis que le MSCI Europe est dominé par les secteurs de l’énergie, des matériaux, des services publics et des finances. Depuis une dizaine d’années, les géants technologiques (Alphabet, Apple, Amazon, Facebook, Microsoft, etc.) ont, grâce à leurs bénéfices records, tiré les rendements des actions américaines et mondiales. À l’inverse, les secteurs cycliques tels que l’énergie, les matériaux, l’industrie et les services financiers ont sous-performé, tant du point de vue de la croissance de leurs résultats et que de leur rendement relatif


Malgré l’incertitude ambiante, de nombreuses opportunités d’investissement à long terme existent parmi les sociétés européennes cotées. Le ralentissement de la croissance du PIB et des bénéfices des entreprises devrait être modéré, et l’assouplissement des restrictions de déplacement devrait continuer à porter les principales économies européennes (et leurs marchés boursiers). Certaines sociétés des secteurs énumérés ci-dessous ont fait preuve de résilience dans le contexte de la pandémie et ont su s’adapter à un environnement économique et commercial en pleine mutation.


• Les sociétés de paris et de jeux (physiques et en ligne) devraient continuer à bénéficier de l’essor des jeux en ligne, de la réouverture des boutiques de bookmakers ayant pignon sur rue et d’une saison estivale marquée par de grands événements sportifs.


• Les e-commerçants tels qu’Ocado pourraient continuer à tirer leur épingle du jeu au sortir de la crise sanitaire. Le basculement vers les courses alimentaires en ligne devrait se poursuivre, d’autant que le taux de pénétration des sous-secteurs de la vente de détail est encore très faible en Europe.


• Articles de luxe : le rattrapage de la demande latente pourrait donner un coup de fouet à ce secteur. Les groupes européens tels que LVMH, Richemont et Kering dominent le marché du luxe, et les ménages chinois sont un puissant moteur de croissance. Malgré l’impact négatif des nouvelles politiques chinoises de redistribution des richesses, nous estimons que certains acteurs restent des opportunités d’achat à long terme.


• Industrie : les sociétés des secteurs de l’aéronautique et de la défense profitent de la reprise des voyages internationaux et de la construction d’avions chez Boeing et Airbus.


• Services aux collectivités : de nombreux pays européens ont voté des plans de relance économique post-pandémie axés sur les énergies propres, ce qui ne fait que renforcer les fondamentaux des grands acteurs dans ce domaine.


 


1. As at August 2021. Sources: Bundesbank, INSEE, ISTAT, INE, CG predictions.


2. As at 30 August 2021. Source: MSCI


3. Data as at 31 March 2021. Source: Factset



Martyn Hole est directeur des investissements en actions chez Capital Group. Il dispose d’une expérience de 39 ans dans le secteur des investissements, et travaille chez Capital Group depuis 18 ans. Avant de rejoindre Capital Group, Martyn a travaillé chez J.P. Morgan Asset Management. Martyn est titulaire d’une maitrise en sciences naturelles et ingénierie, avec mention, de l’université de Cambridge. Martyn est également titulaire de la certification CFA ®. Martyn est basé à Londres.

 


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